CHAPITRE V
ques mois plus tôt le poussait à demander un nouveau congé pour y retourner passer l'hiver, mais il fallait décider Dalayrac à y venir, afin que la partie fût complète. Paul- Louis s’y emploie de son mieux dans une lettre datée du 3 Septembre. Il soumet à son ami un projet de voyage bien capable de séduire une imagination de vingt-cinq ans : Venez à Paris « cet hiver : nous irons de là chez ma mère « où vous pourriez ne pas vous ennuyer, el je vous recon- « duirai chez vous ».
Hélas ! Dalayrac, en vrai provincial, ne se laissa séduire ni par les attraits de Paris ni par l’éloquence de son ami.
Sur ces entrefaites, Courier quitte Rennes où il avait pu dérober quelques heures à ses occupations pour reprendre des études bien chères et composer l’ébauche d’un Éloge d'Hélène.
Il étaitenvoyé à l’armée de Rome. Mais il ne quitta point la France sans avoir passé quelques jours à Paris, où il se replongea dans le tourbillon des plaisirs. Les Pigalle, ses cousins, le conduisirent plus d’une fois au spectacle et lui montrèrent les pièces à la mode. Il fit ainsi connaissance avec le théâtre de son temps, que sa vie studieuse et solilaire lui avait jusqu’à ce jour laissé ignorer. Il fut même présenté à un homme de leltres en vogue qui personnifiait bien le goût de l’époque en fait de littérature dramatique, M. Legouvé' de l’Institut.
1 Legouvé (1764-1812) est l’auteur de tragédies médiocres : Epicharis 1793, Etéocle 1799, La mort d'Henri IV 1806, et de petits poèmes didactiques comme le Mérite des Femmes 1501.