‹ La Jeunesse de Philippe-Égalité:Chapitre 58 sur 114 · ATEN · texte numérisé non relu

ATEN

Ce fut une véritable révolté de l'opinion qui s ’acharna, des mois durant, contre le prince à calembours el quolibets,

Corresp. secrète, 18 et 26 avril 1781; Bach, ?, 7, 8 avril, Bach,, 9 avril.

chansons à ses oreilles, la plupart assez plates, placards à sa porte ou dans son escalier, gravures et pamphlets infâmes, huées en public, manifestations à son nez au théâtre, il essuya toute la gamme de l’impopularité. Il affronta gaiement ce décri Eau provoqué par une coalition de gros et menus intérêts, trop injuste, trop outré pour ne pas virer un jour à son profit. Le Régent en avait vu bien d’autres ! La Ville lui reviendrait quand elle serait détrompée par l'aspect engageant du palais neuf.

= Pourtant, s’il ne céda point sur son projet, il dut manœuvrer avec cette ligue de propriétaires hostiles, avec cette opinion dont il se moquait à part lui. Fait singulier sous une monarchie réputée absolue que ce prince du sang, si peu maître chez lui, obligé par le cri public de rendre compte, de soumettre ses plans au Roi d’abord, aux badauds ensuite, comme s’il s'agissait d’une affaire d'Etat.

Les plans de Louis, arrêtés et signés le 12 juin 1781, étaient produits au Conseil, dont l’arrèt, rendu sur requête du prince par lettres patentes du 17 juin 1781, prononçait à l'intention du public réprobateur une sorte d’arbitrage entre le duc et ses voisins récalcitrants. Ces lettres justifiaient et coloraient, selon le droit, l’entreprise princière. Louis XIV avait donné le Palais-Royal à Monsieur « afin que notre dit frère et sa postérité masculine puissent y avoir un logement qui réponde à la grandeur de leur naissance. » Aussi lui avait-il permis d’y faire telles augmentations, améliorations ou décorations que bon lui semblerait, du prix desquelles, en cas de réversion à la Couronne, les héritiers de Monsieur seraient remboursés par lui ou ses successeurs Rois. Chaque duc d'Orléans (et Louis-Philippe le Gros en particulier) avait déjà amélioré le Palais-Royal, sans que le public songeât à protester ni à chicaner. Il était juste que le duc de Chartres cherchât à remplir l’objet de la donation, en ménageant à ses trois fils des logements convenables pour l’époque prochaine de leur établissement. Les rues larges de vingt-quatre pieds qu'il se proposait de tracer sur les trois côtés de sa: demeure,

‘ Arch. Nal., R' 989.

entre Îes maisons riveraines du jardin el les nouvelles maisons sur plan, offriraient aux propriétaires mécontents des jours et des sorties libres, au lieu des jours et des sorties de souffrance qu’il tolérait présentement. Le rétrécissement du jardin, dont le public gardait la jouissance, serait compensé par l’agrément des promenades couvertes qui lui feraient bordure.

Mais le prince avait sollicité un arrêt du Conseil moins par désir de l’approbation royale que par besoin d'argent. La convention du 30 décembre 1780 l’obligeait envers le duc d'Orléans à réunir, préalablement aux travaux, les fonds nécessaires à leur entière confection. Or son crédit était épuisé et la malveillance du public, les menaces de procès n'étaient guère propres à lui attirer des prêteurs. Le plus simple semblait donc d’aliéner une partie du terrain; les acheteurs y feraient bâtir à leurs frais, suivant les plans de Louis. Le produit de la vente pourvoirait aux constructions du palais proprement dit.

Par ces lettres patentes du 17 juin 4784, le Roi permettait bien à son cousin d’aliéner 2.300 toises superficielles du jardin du Palais-Royal, à prendre dans son pourtour, selon l'indication du plan levé par Louis, plan qui demeurait annexé au contre-scel du parchemin. Mais le prince devait en employer le prix au paiement des améliorations du palais, sans pouvoir, dans le cas où ces constructions excéderaient le produit de la vente, répéter la moindre somme contre le Domaine de la Couronne, et à charge, dans Le cas contraire, d'employer le surplus en acquisition de fonds qui rentreraient dans l’apanage.

Cette clause gènait fort le duc de Chartres qui recherchait précisément . l'opération le bénéfice indispensable au rétablissement de ses finances. Néanmoins l’administration de Louis XVI n’était point assez rigoureuse pour ôter à un prince du sang l’espoir d’un accommodement. L'essentiel, en ce moment, était que le plan de son entreprise füt publié par les soins et avec l'approbation du Roi lui-mème.

Les premiers plans de Louis avaient été remis en question, quatre jours avant la signature du duc, par la ruine de l'Opéra

qui avait pris feu lé vendredi 8 juin 1781, fête de saint Médard, dn quart d'heure dprès la représentätion d'Orphee. L'Opéfa, appériétithéé dü Palais-Roÿal, sait parlié dé cel ensémblé dé bâtinents AuxQuels l’architécté avait dû adapter sés dessins. L’inceridié, qui déblayait le chämp, n’était pas iüpportuñ pour lui. Î imaginait auskitoôt un théâtre Elus vaste, plus moderne, et le duc de Chartres adressait quelques sémaifies plus tard à M. Aelot üh Mémoire dicté Par l'artiste dui contenait sur là réfection de la salle les propositions les plus avantageuses. -

Mäis l'Opéra $éraitil rebati à la thèiie plate? Bouquel de toûs leS arts, il composäït le plus Brillant, Ié plüs goùté des pläiSirs de là ville, celui dont les Pärisiétis pouvâtent lé moins se passer, ét le Rôi, c’est-à-dire 14 Reine, désirait le mettre à sa porté, süt là place du Cätrousel, tout près dû château des Tuiléries et non plus du Pälais-Royal. Sëul l'état dé guerre el le besoih d'économies ajournatent ce projet. Gravé soüci pour le duc de Chartres ! car la présence dafls Sa démeuré d’un spectacle coftimè l'Opéra donhâit Sränd prix à Son domäine. Enlevér l'Opéra äu Pilais-Rôyal, c'était le décoüironner. Voilà püür lui un sujet d’incéstitude, Une autre Souréé de difficultés et dé proces dont Se réjoüissent Ses énnetñis.

ce Efebré SU PERIERS PALM AO YAl ! 3 ÉVACNLS DrOPrE Oh régardant flämber l'Opéra. Les propriétaires, qui affirmaieht léur décision de S’opposer aux lettres patentes, 168 Himonadiers inquièts dé leur commerce, les flâneuré troublés dans lets habitudès, soutiaifätéht mille mOfis dû brinice, comptäht sans césse Sur quélque tdVérse pour rompre Son entréprise. Mais la persévérance du duc, indifférent à leürs $särcasmes, . les jetait hors d'eux-mêmes. Leür fureur d’injurés finit même püi Fsser lès nouvellistes, dégottés de tant de platitudés. À éntetidie 18 brüit pablit, l'on aurait ext qué l'alrairé du Palais: RÜväl dbminait toutes les autres : l'expédition de Gibraltar, les noüvellés de la guëèrré passaient au second plan.

Cepétidant le prince ét Son conseil, Sans se laisser intimider, opéraient avec addiéssè. IIS én appelaient äu publié impaïitial; les plans originaux, profils ét éléVatiOns, éfäatént éxposés datls un dpparlément du Palais-Royal où, des Îe

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