‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 34 sur 183 · ONE · texte numérisé non relu

ONE

« Jamais je n'aurais pu entretenir cet espoir sans Son approbation qui faisait naître en moi une généreuse ardeur, me donnant l'assurance que tout n’était pas éteint en moi ; l’approbation de Celui que tous honorent, et dont la renommée se lève éclatante comme le soleil, inondant de sa gloire l'univers tout entier, au point que ceux même qui, de prime abord, le bafouaient, se portèrent au-devant d'elle ; pareils à quelque immonde araignée dont la toile se trouve irradiée par la flamme d'une torche, et qui ne cesse pas quand même d'en parachever la trame pour pouvoir s’y réfugier ensuite. Toi, ô poëte, tu as sourit avec indulgence, mais nous, pouvons-nous oublier ? O, Toi qui foudes les sentiers du soleil, à Toi, pour jamais la vie et la lumière ! Tu l'en es allé au milieu de nous ; les années passent, le printemps nous réjouit et la terre est pleine de beauté, mais tes chants ne reviennent point. D’autres bardes se lèvent, mais aucun semblable à toi. Telles des œuvres puissantes, Tes Majestés se dressent, qui attestent qu’un esprit est demeuré là, impassible, en dépit de l'indifférence et du mépris et qui, une fois sa longue tâche achevée, s’en est allé, nous quittant pour toujours, alors que se précipite, désormais inutile, la foule venue pour fureter et louer. L'air semble encore irradié de ta présence évanouie, et moi, quoique seul, je tressaille rien qu’en entendant ton nom, que je croyais un enchantement uniquement pour moi, me doutant à peine que tu étais une étoile à adorer pour les autres hommes. » (141-171) (14).

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