‹ La Jeunesse de Robert BrowningChapitre 87 sur 183 · ANOTHER WORLD ! ANOTHER WORLD ! (II · texte numérisé non relu

ANOTHER WORLD ! ANOTHER WORLD ! (II

Cf. : « À task, a Task ! Tasked (III-662-667-670, 689).

SouL, BODY — SOUL, BODY : III 679, 698.

BEAUTY, BEAUTY (II1-701-710-713). à YOU sAY WELL - YOU sAY WELL » (III-777-783).

Ï KNOw you ; And 1 KNOW you (III-820-822).

BLINDS, BLINDS, BLINDS (III-823-860).

Dans tel autre paragraphe, il met en valeur l’idée par la répétition de synonymes, ex. : Bliss, enjoyment, bliss, happiness, pleasure: God Joys, « takes pleasure, merry, shivering for very joy », pour aboutir à « Joy » et son crescendo : « Rapture » (V. vers 644-682).

L’effet obtenu est remarquable, on est comme submergé par l’idée d’une allégresse débordante partout.

La répétition sert tout à fait avantageusement pour lier d’une façon étroite la trame déjà si serrée de sa pensée. Des exemples frappants surgissent à tout moment. Citons d’abord les premiers vers du début du poème où cette particularité apparaît d’une façon très marquée, comme si Browning voulait indiquer par là son intention de renouveler fréquemment, à travers toute l’œuvre, une forme qui lui est particulière et qui se prête admirablement à rendre la force avec laquelle il écrit :

Close, closer, close ; long time, long time ; beats, beats ; Home, home ; memories, remember ; Dear friends, dear friends, dear friends (englobant un paragraphe) ; True, true, truth ; Autumn, autumn, autumn ; frail, frailty (I-1-25).

Mais, le plus souvent, Browning l’emploie adroitement dans une intention analogue : pour insister fortement.

Ces répétitions, ces accumulations de mots, se rencontrent dans toutes les parties du discours. É ; SA

RTE

a) Nows: Praise, Praise, Praise, (1-229-301-303). Means, Means (1V-17-29). Purpose, Purpose, Purpose, (1-323-4).

1-574, The light... their light ? Dark, Blind (raillerie). Your sages - The sages - Weak, Weak, (1-653). Friends, Friend, Friend. Life, Life, Life, etc. (11-37, seq.).

b) ADscmirs : Il attire l’attention du lecteur par des oppositions saisissantes :

Passionless - Passionate (1-685). Quick, Slow (1-703-704). Beardless - Bearded (11-415).

Dans certains cas les trois qualificatifs sont différents, mais avec le même sens : pregnant, loaded, teeming (1-551).

À d’autres moments, il appuie, insiste sur l’idée au moyen d’adjectifs répétés trois fois, les qualificatifs étant toujours employés avec une gradation croissante. New, New, New (1-372-373-374).

Par endroits cela devient presque de l’Euphuïsme : « And fill out full their unfulfilled careers >» (1-388).

- c) VERBES : Par moments il répète le verbe deux fois : We live, we live. (IV-6-10).

Blaze, Blaze. (1-310) - Know, know. (1-325-7).

Think, Think. (1-369).

Plus souvent encore le verbe est répété à frots reprises, et chaque fois il en tire une nuance différente :

« Goad, drive, supplant » (1V-323) - « Smiled, smiles, smiled » (1-531- 537). Crush crushed, crushed (11-239-240).

Il trouve le moyen d’appuyer plus fortement au moyen de contrastes :

« Press, choose, yield » (1-477) - You combine, contrast and ponder (11-751).

« Here drivelled, there quaked, there fumbled. » (II-435).

« Suck in, chuckle, dismiss (IV-380).

Ou même quatre fois :

« To trample on, to make, to wring, to perish » (1-464). « Essayed, prejudged, foresaw and warned » - « 1 cursed, upset. « brushed past, vowed » (II-445).

L'antithèse, déjà forte en elle-mème, est redoublée : « I foil, you listen, « I explain, perhaps you understand » (III-725).

d) PRoNoMS : Tantôt le pronom est répété :

(III-203, 204,209, 226) cf. III- 675-6 ; « Me, me » (IV-603-613) ; You, you, you, you (605-606-611) ; Yours, your (606-608), cf. Pauline 903, « Me, me, and naught but me ».

Tantôt il est appuyé et opposé à son contraire, I, L : « You, You » (III-374-375-379) ; cf. III-203-204-210-227.

A d’autres moments le pronom est répété avec une vigueur croissante (111-734-751).

« Even You » (IV-372).

&« This. that » (IV-102 ; 104 ; 107).

« who. who » (I-388).

« these, these » (IV-15). Cf. : me, me, me (1-633-639).

Le pronom à sens négatif, répété trois fois, donne une singulière intensité à la phrase :

« None », « None », « None » (1-624-630).

e) ADVERBES : Par la répétition d’une forme négative il intensifie le sens affirmatif :

« Not seldom, not seldom » (-379).

ou se contente de la répétition simple :

« Now, now » (1-407).

« So, So, So » (1-56). ÿ:

« How ! How » (1V-39-40). « At last, at last » (IV-36-38). f) ConsoncTioNSs : « 1f - If » IIT-10, le 7, 8-30. < If > If, if (V-583-585-588).

g) NÉGaTION : « No, no » (1V-551-557) ; cf (IV-638). « No way, no way » (IV-534), etc., etc.

Tous ces exemples tendent à prouver l'intensité avec laquelle il appuie sur le sens de certains mots. D’aucuns n’ont vu là que de la prolixité, c’est bien plutôt une manifestation éclatante d’une puissance de pensée, d’une vigueur d'esprit singulières, en un mot de cette nature ardente qui met de la passion en tout ce qu’elle fait.

Pour ce qui est du style général, nous savons que l’acteur Macready, l'ami de Browning, — après avoir lu « Paracelse » avec beaucoup d’enthousiasme — déclara néanmoins que le langage était parfois obscur (251). Ce reproche nous paraît à peine mérité : il n'existe, à vrai dire, que quelques exemples de constructions tant soit peu négligées parmi les vers du premier livre :

« Un homme... devient fou, mais de l'épave de ce qu'il était, « d'après ses seules paroles égarées, vous devinez quelle a pu être « la grandeur de son esprit. » (1-770-777) (251 bis).

C’est là une allusion certaine à Christopher Smart, indiquée d’une façon insuffisamment claire, mais qu’une connaissance plus approfondie des œuvres de Browning rend compréhensible.

Au livre Il, le vers 171 : « Happy strip of Land » est manifestement pris dans un sens symbolique, c’est-à-dire que cela implique le moment de la vie de Paracelse où son cœur vibrait encore aux émotions humaines. Par contraste, le « Dead Gulf >» du vers 175, implique non moins l’époque où l’intellectuel qui domine en lui avait anéanti toute sympathie humaine. Dans le passage (vers 343 à 351) où il parle de « The siren », celle-ci est une personnification de la Gloire. Les vers 378-381 du même livre impliquent la lumière qui, dans une mine, y tombe soudain et révèle un filon de minerai précieux. Aux vers 967-971 (Livre ID), la phrase est simplement mal construite, Toutes ces phrases douteuses peuvent être rendues claires à condition d’en faire très exac-

tement la construction et de les rapprocher du reste du contexte (252).

‘ (251) Letre du 7/12/1835 « Paracelsus » A work of great daring, bu occasionally obscure. » Ù (251 bis) « One man shall crawl « Through life, surrounded with all stirring things « Unomwed - and he goes mad : and from the wreck « Of what he was, by his wild talk alone, « You first collect how great a spirit he had. » (Livre I-V 770-77.) (252) Certains mots où membres de phrase employés par Browning dans un sens

particulier peuvent quelquefois être d’une interprétation difficile. E. g. :

Let be (1-624) — Suppose — this — The former (11-81) — Greater (III-548) « the »

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