‹ La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en ArtoisChapitre 1 sur 111 · La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en Artois · texte numérisé non relu

La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en Artois

L'accueil bienveillant (jue VHùlotre de Joseph Le Bon et des Tribunaux réroluttomiaires d'Àrras et de Cambrai a reçu du publie, nous a encouragé à poursuivre nos investigations sur cette partie si intéressante de nos annales, et à mettre au jour la Jeunesse de Robespierre et la Convocation des États <jénérau.r en Artois.

("est à dessein (pic nous avons arrêté ce travail au seuil nièuie de l'Assemblée Constituante : du i mai \1H\) au \l thermidor an II, Robespierre, transporté sur un autre théâtre, n entretint plus avec le pays natal que des rapport* éloignés; sa vie se confond alors dans l'histoire générale de la Révolution française. s«*ns renoncer à instruire Mir tous les chefs le procès de ce grand coupable, et a prouver combien il mérite le jugement sévère dont la

postérité a trappe sa mémoire, nous avons cru qu'il serait opportun de consulter d'abord ses antécédents, de rechercher sous l'empire de quelles circonstances s'étaient développés les sentiments d'orgueil et d'envie qui dirigèrent constamment sa conduite, de demander à l'ancienne société s'il avait contre elle des griefs personnels ou s'il avait grandi comblé de ses bienfaits.

Pour résoudre ces questions, nous avons consulté de nombreux documents, empruntés aux collections privées ou aux archives publiques, et particulièrement les écrits de Robespierre lui-même ; nous l'avons suivi au foyer de famille, sur les bancs du collège, aux audiences du Conseil d'Artois, dans les réunions de l'Académie d'Arras et de la société des Rosati.

En faisant ainsi connaître la Jeunesse de Hobes}iwne, nous avons pris soin d'éclairer la scène sur laquelle les faits se déroulent , de tirer de l'oubli notre province d'Artois, et d'expliquer les éléments de son organisation judiciaire et administrative.

Im convocation des Étais généraux occupe , dans ce cadre, une place naturellement considérable. Quoi de plus digne d'attention que le prologue de la Révolution française? Comment comprendre les événements qui ont bouleversé la Constitution du royaume, si l'on ne se rend un compte fidèle de l'état politique et social des diverses provinces? Aussi n'avons-nous rien négligé pour exposer, d'une manière complète, tout ce qui concerne 1 Artois, depuis la

dernière réunion de ses États provinciaux jusqu'à la nomination des députés à l'Assemblée nationale.

L'examen des cahiers de doléances rédigés par les corporations de la ville capitale de l'Artois, par les paroisses rurales comprises dans le ressort de la Gouvernance d'Arras, par les sept autres Bailliages de la Province, et enfin par les trois Ordres convoqués en assemblée générale, ré vêlera les éléments de liberté que ce pays possédait encore, et les abus auxquels il importait de trouver un remède. Les' procès-verbaux des réunions électorales montreront quelles

divisions regrettables facilitèrent, dès les premiers jours de 1789, le triomphe de la Révolution; l'unité du récit sera maintenue par Robespierre, Ame de toutes les agitations, fauteur de toutes les discordes.

Est-il besoin de déclarer qu'étranger à l'esprit de parti, nous avons sincèrement dévoilé les fautes commises en 1789, quels qu'en fussent les auteurs, et cherché à garder une stricte impartialité, même envers Robespierre? Respecter la vérité est le premier devoir de l'historien, et nous n'avons d'autre ambition que d'entendre dire au lecteur : « (Vesl ici/ un livre tic loimc foi/ ».

Page 1