‹ La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en ArtoisChapitre 24 sur 111 · Tableau des Avocats : Almanacht d'Artois · texte numérisé non relu

Tableau des Avocats : Almanacht d'Artois

3. La maison de Robespierre existe encore. On la regarde, à tort, comme un bien patrimonial, puisque Maximilien de Robespierre ne l'aurait acquise, au plus tôt, qu'en 1787. Ce fait établi, nous avons voulu nous assurer si la maison de la rue des Rats-Porteurs avait au moins appartenu à Robespierre, ou s'il l avait occupée en vertu d'un bail, li résulte de nos recherches que cette maison, appartenant à H. Pinta-Vasseur, a été vendue A M. Vasseur, négociant à Arras, par M. Tilman, capitaine de gendarmerie (acte devant M* Fume, du 6 mai 1833); qu'elle avait été vendue à M. Tilman par M. Léon-Auguste de Beugny d'Uagerue, propriétaire à Saint-Omer (acte devant M» Bollet, du i juin 1830); qu'elle avait été attribuée A M. Léon d' Mage rue, suivant acte devant M« Bbllet du 9 août 18/7, contenant partage de la succès-

ses Mémoires, le genre de vie qu i! avait adopte. « Il travaillait beaucoup, dit-elle, et passait dans son cabinet une grande partie du temps qu'il ne passait pas au Palais. Il se levait à six ou sept heures et travaillait jusqu'à huit. Son perruquier venait alors le coiffer. Il prenait ensuite un repas qui consistait en laitage, et se remettait au travail jusqu'à dix heures où il s'habillait et se rendait au Palais. Apres l'audience, il venait dîner. Il mangeait peu et ne buvait que de l'eau rougie. Il ne témoignait aucune préférence pour certains aliments. Bien des fois je lui ai demandé ce qu'il voulait manger pour son dîner ; il me répondait qu'il n'en savait rien. Il aimait le fruit, et la seule chose dont il ne pouvait se passer, c'était une tasse de café. Après le dîner, il sortait pour faire une promenade d une heure ou pour faire une visite. Il rentrait ensuite ; il se renfermait dans son cabinet jusqu'à sept ou huit heures. Il passait le reste de la soirée soit avec des amis, soit au sein de sa famille.

« Mes tantes et moi, nous lui reprochions souvent d'être distrait, préoccupé, dans nos réunions. En effet, lorsqu'on jouait aux cartes ou qu'on ne parlait que de choses insignifiantes, il se retirait dans un coin de l'appartement, s'enfonçait dans un fauteuil et se livrait à ses rétlexions, comme s'il avait été seul. Cependant , il était naturellement gai et savait plaisanter, et riait quelquefois jusqu'aux larmes ».

Mon de « noble dame Marie*Annc-Robcrtinc Le François du Fétcl, épouse de N. Georges-Charlemagne de Beugny d'Hagerue, chevalier . conseiller de Préfecture », décidée à Arras, le 9 août I8î0, et sous-partage de succession : 1» de Marie-Thérèse-Pélagie Le Franco* du Fétel, décodée à Saint-Omer le ?3 février )Sil ; Ie d'Ignace-Louis-Marie Le François du Fétel, décédé à Nordausque le 18 février 1817. Or, la famille du Fétcl, antérieurement à 1787, était propriétaire de la maison faisant l'angle de la rue des Rats-Porteurs et de la petite rue des Rapporteurs. Le plan de la ville d'Arras, dressé par l'architecte «effara, en 1756, désigne cette maison, n* 1493, comme appartenant à M"« du Fetel. — ArcU. munlcip.

Charlotte de Robespierre prétend que a l'amabilité de son frère auprès des femmes lui captivait leur affection, et que quelques-unes éprouvèrent pour lui plus qu'un sentiment ordinaire. Une entre autre, M,,e Deshorties, l'aima et en fut aimée... Plusieurs fois il avait été question de mariage, et très-probablement Maximilien l'aurait épousée, si les suffrages de ses concitoyens ne l'avaient enlevé aux douceurs de la vie privée pour le lancer dans la carrière politique. »

L'a amabilité » de Robespierre se traduisait en vers musqués, témoin ce madrigal, qui rappelle le sonnet d'Oronte1 :

Crois-moi, jeune et belle Ophélie, Quoi qu'en dise le monde et malgré ton miroir, Contente d'être belle et de n'en rien savoir,

Garde toujours ta modestie ;

Sur le pouvoir de tes appas,

Demeure toujours alarmée ;

Tu n'en seras que mieux aimée,

Si tu crains de ne l'être pas.

Maximilien était galant en prose comme en vers. Une amie de sa sœur, M"e Dehay 2, dont l'esprit, au dire des contemporains, égalait la beauté, lui avait envoyé des oiseaux pour peupler sa volière. En retour, il lui fit cadeau de quelque

1 . Ce madrigal fut publié pour la première fois par les Actes des Apôtres en 1790, ch. 5, p. 53.

Dans la chaleur de la discussion, Robespierre, parait-il, avait dit c que le Bureau renforcé du Cambrésis était un corps aristocrassique cl qu'il fallait le détruire.

« SI le despotisme d'un pédant de collège, ajoute Y Apôtre, qui persifle à co propos Robespierre, ne tolère pas un solécisme à un pauvre boursier, la liberté de l'Assemblée doit souffrir parfois une expression qui s'éloigne si peu de la pureté du langage. M. de Roberspierre est cité dans tout l'Artois comme un auteur classique. 11 lui est môme échappé des ouvrages de pur agrément que tous les gens de goût ont recueillis, et nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en leur faisant connaître un madrigal de II. de Roberspierre, qui a fait le désespoir de la vieillesse de M. de Voltaire. »

2. Le frère de M»« Debay, Louis Dominique» était entrepreneur des fortifications.

mémoire judiciaire, et lui adressa des remerciements imités de Voiture 1 :

« Mademoiselle,

« J'ai l'honneur de vous envoyer un mémoire dont l'objet est intéressant. On peut rendre aux Grâces mêmes de semblables hommages, lorsqu'à tous les agréments qui les accompagnent elles savent joindre le don de penser et de sentir, et qu'elles sont également dignes de pleurer l'infortune et de donner le bonheur.

a A propos d'un objet si sérieux, Mademoiselle, me serat-il permis de parler de serins ! Sans doute, si ces serins sont intéressants... et comment ne le seraient-ils pas puisqu'ils viennent de vous. Ils sont très-jolis. Nous nous attendions qu'étant élevés par vous ils seraient encore les plus doux et les plus sociables de tous les serins. Quelle fut notre surprise lorsqu'en approchant de leur cage, nous les vîmes se précipiter contre les barreaux avec une impétuosité qui faisait craindre pour leurs jours? Et voilà le manège qu'ils recommencent toutes les fois qu'ils upereoivent la main qui les nourrit. Quel plan d'éducation avez-vous donc adopte pour eux, et d'où leur vient ce caractère sauvage ? Est-ce quç la colombe, que les Grâces élèvent pour le char de Vénus, montre ce naturel farouche ? Un visage comme le votre n'at-il pas dû familiariser aisément vos serins avec les figures humaines? Ou bien serait-ce qu'après l'avoir vu, ils ne pourraient plus en supporter d'autres? Expliquez-nous, je vous prie, ce phénomène. Eu attendant, nous les trouverons toujours aimables avec leurs défauts. Ma sœur me charge en particulier de vous témoigner sa reconnaissance pour la

I. Comparer à la tettre do Robespierre la letlre de Voiture « à Madame l'abbesso d'Yère, pour la remercier d'un cbal qu'elle lui avait envoyé ». (Lettre cliii. Œuvres de Voiture. Firmin Didot, 18Ô8.)

bonté que vous avez eue de lui faire ce présent, et tous les autres sentiments que vous lui avez inspirés.

« Je suis avec respect, Mademoiselle, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

« de Robespierre.

« P. S. — J'ai Thonneur de vous envoyer trois exemplaires, et je vous laisse le soin de faire le meilleur emploi possible de ceux que vous ne jugerez pas à propos de conserver »

Robespierre brûlait le même encens sur plusieurs autels. Au sortir d'un festin champêtre donné à Carvin et auquel on avait invité, pour lui faire honneur, les lieutenants et baillis des seigneuries voisines, il écrivait à une dame d'Arras :

« Je n'aurai pas de peine à oublier mes baillis et mes lieutenants. Quelque séduisant que puisse être un lieutenant, croyez-moi, Madame, il ne peut jamais entrer en parallèle avec vous. Sa figure, lors même que le Champagne Ta colorée d'un doux incarnat, n'offre point encore ce charme que la nature seule donne à la vôtre, et la compagnie de tous les baillis de l'univers ne sauraient me dédommager de votre aimable entretien \ »

En se montrant auprès des femmes prodigue de belesprit, Maximilicn, qui était du reste aussi respectueux que « sensible », cherchait à suppléer aux avantages extérieurs que la nature ne lui avait pas prodigués. M. De-

1. L'original de cette lettre donné a M. Lenglet, avocat à Arras, par l'exécuteur testamentaire de H"* Dehay, et par M. Lenglet a M. Cornille, président du tribunal d'Arras, fut vendue aux enchères publiques, après le décès de ce dernier, pour U somme de 363 fr. H. Louis Blanc, à qui Frédéric Degeorge l'avait communiquée, l'a publiée en partie dans son IH$toire delà Révolution. M. Louis ParU l'a Insérée en entier dans son Cabinet hiitorique, 1856.

*. Lettre du lî juin 1783.

vienne, ancien procureur nu Conseil d'Artois, trace ainsi son portrait. « J'ai beaucoup connu M. Robespierre. Son extérieur était commun, sa taille médiocre ; il portait sur de larges épaules une tête assez petite ; il avait les cheveux chatain-blonds, le visage arrondi, la peau médiocrement gravée de petite-vérole, le nez petit et court, les yeux bleus et un peu enfoncés, le regard indécis, l'abord froid et presque repoussant ; à peine souriait-il quelquefois, encore n'était-ce que d'un sourire railleur » ». M. Devienne ajoute : « Il avait une grande facilité à parler ; mais il n'était ni éloquent ni nerveux. Comme cet avocat avait fait son droit à Paris et n'avait pas travaillé chez un procureur, il venait, en voisin, me prier de faire ses conclusions. L'affaire du paratonnerre de Saint-Omerlui a donné une réputation qu'il ne méritait pas. »

Dans l'intervalle de temps qui sépara les deux actes du procès Dcteuf (13 novembre 1783 — 1er juin 1786), Robespierre avait été charge de vingt-cinq affaires au Conseil d'Artois. Une seule mérite d'être signalée, à cause du mémoire judiciaire auquel elle donna lieu.

Le Père Berbizotte, supérieur des Oratoriens, à qui la direction du collège était confiée depuis 1777, avait chargé Adrien Gillct, architecte, de faire des plans et devis « pour la reconstruction interne des bâtimens » et la réparation des trois fermes que le collège possédait à Mcsnil-Boucher, Anzin et Dainville. Le \m2 juillet 1778, il lui avait payé tout ce qui lui était dû jusqu'au dit jour ; le 20 août suivant, il lui avait remis cent écus à l'occasion des travaux faits aux fermes et pareille somme pour appointements échus. Par acte sous seing privé, écrit le même jour au bas de la quit-

l. Holes manuscrites communiquées par M. Mppolylc Renard.

tance, on était convenu qu'à compter du 18 juillet il serait payé à Gillet « trois cents livres d'appointements, au moyen de laquelle somme il ne pourrait rien exiger, excepté les voyages à raison de six livres par jour ». Gillet avait touché, en exécution de cette convention, trois cents livres pour Tannée 1779 et trois cents livres pour Tannée 1780. De plus, le mois de mars de cette dernière anuée, il avait cessé d'avoir aucune relation avec le supérieur du collège, lorsque le 28 octobre 1783, il demanda, par requête à la Cour, le paiement de deux mille livres comme solde de ses salaires ou l'estimation de tous ses travaux depuis l'époque où il avait été employé par la maison de l'Oratoire, avec offre de déduire la somme de neuf cents livres qu'il confessait avoir reçue. Le P. Berbizotte ne retrouva pas d'abord l'acte du 20 août 1778 ; certain d'avoir payé ce qu'il devait, il invoqua la prescription. Tel était l'état de la cause, lorsque le procureur du Roi de la ville d'Arras en revendiqua la connaissance. Elle fut portée devant TÉchevinage, qui déclara la créance de Gillet prescrite.

Gillet interjeta appel au Conseil d'Artois. Interrogé sur faits et articles, il prétendit que la convention portait sur dix-huit cents livres payables en six ans et applicables à des travaux déterminés ; qu'il lui restait dû onze cents livres pour travaux non prévus et neuf cents livres de traitement pendant les trois dernières années.

Le P. Berbizotte, qui avait sans doute espéré que son adversaire s'enferrerait dans ses explications, exhiba la convention de 1778, sur laquelle il avait remis la main. L'interprétation de cet acte et l'examen du compte qui s'y rattachait soulevaient des questions fort simples. Mais l'avocat de Gillet, M0 Guffroy, ayant livré son plaidoyer à l'impression Robespierre ne voulut pas être en reste de publicité.

1. « Plaidoyer de il* Guffroy pour le tieur Adrien Gillet, architecte, contre le

« Il est des gens, disait judicieusement Guffroy, qui font de rien une affaire capitale. » Sous prétexte de venger l'honneur de son client, l'avocat des Oratoriens développa en vingt-six pages in-quarto ses arguments et ses aménités \ a Diffamation indécente, injure odieuse, fureur de calomnie », tels sont les termes dans lesquels il reprocha à la partie adverse d'avoir voulu a compromettre l'honneur d'une congrégation illustre, chargée du dépôt de l'éducation publique, d'un corps respectable que Ton ne pouvait avilir sans lui ôter les moyens de rendre à la société les services importants qu'elle devait attendre de lui dans l'exercice du dépôt précieux qui lui était confié. » A cet éloge de l'Oratoire présenté par Me de Robespierre, il est curieux de noter que Guffroy (le futur Rougyff) riposta en faisant l'éloge des Jésuites, « cette société, dit-il, qui a longtemps dirigé les pas de notre jeunesse dans les routes de la science et dans les sentiers de la vertu ». Le résultat du procès n'était pas douteux: par arrêt du 12 août 1784, Gillet, qui s'était d'abord laissé condamner par défaut, fut débouté de sa demande.

Un procès a Delille contre Porrctte » mit une seconde fois aux prises Maximilien de Robespierre et Liborel. Il résulte des termes de l'arrêt qu'un mémoire injurieux fut imprimé contre la partie de Me Liborel, et que l'auteur de ce factum fut réduit à battre en retraite aussi piteusement que lors du procès fait à l'Abbaye d'Anchin : a Donne acte

Père Claude Berbisot, supérieur de COraloirc, chargé de la desserte du collège d'Arras, d'après les lettres-patentes du mois de juin 1777. A été imprimé cbex la veuve Nicolas, 1781. > ln-4», 33 pag.

t. « Réjionse pour le supérieur Je l'Oratoire au plaidoyer du sieur Gillet. A Arras, de l'Imprimerie de Guy de la Sabloonière, imprimeur du Conseil supérieur d'Artois, 1784. » In-i», 26 pag. — Ce mémoire est omis dans la Monographie bibliographique do Quérard : Les Robespierre, 1863.

à Delillo de ce que, par les termes répandus dans son mémoire imprimé, il n'a pas entendu entacher la réputation de Porrette ; en conséquence, met l'appellation au néant, condamne Delille aux dépens, permet à Porrette de faire imprimer et afficher à ses frais le jugement *. » — (Arrêt du 15 février 1785.)

Robespierre trouva bientôt l'occasion de réparer cet échec. Une dame anglaise qui habitait Saint-Omer, attirée par la réputation que l'avocat du paratonnerre avait acquise parmi les concitoyens de M. de Vissery % le chargea de plaider devant le Conseil d'Artois la question suivante : En vertu des privilèges des villes d'arrêt 3, une femme pouvait-ell ï être emprisonnée pour dettes ?

Veuve d'un colonel au service de la Grande-Bretagne et lieutenant-gouverneur de la Caroline du Sud, Mœe Mercer s'était retirée à Saint-Omer. Elle y avait contracté des dettes envers plusieurs fournisseurs. Cinq de ses créanciers, craignant qu'elle, ne passât le détroit sans les payer et l'accusant d'avoir soustrait la plus grande partie de ses meubles à leurs poursuites, résolurent d'user envers elle de la contrainte par corps autorisée par la Coutume au profit des bourgeois contre leurs débiteurs forains. Armés de l'ordonnance rendue par un échevin, ils la traduisirent devant le

1. Registre* du Conseil d'Artois.— Les recherches que Doos avons faites pour découvrir le mémoire Drlilte ont été infructueuses.

2. Le Registre des Avocats nous fournit une nouvelle preuve de cette renommée locale acquise à Bobespierre. Pendant les sept années qu'il passa au barreau, il ne présenta que deux avocats a la prestation de serment; tous deux étaient de Saint-Omer : M. Levasseur de la TUieuloye (10 décembre tf82},M. de France de la Jumelle (il décembre 1788).

3. Ou appelait ainsi les villes dans lesquelles il était permis aux bourgeois de faire arrêter, sans titre exécutoire, les effets ou la personne d'un débiteur qui n'y était pas domicilié. Le ressort du Conseil d'Artois renfermait plusieurs villes d'arrêt personnel et réel : Arras, Saint-Omer, Aire, Bapaume, Bétbune et Dunkerque, sans compter le pays de l'Allœue.

siège des Viertchaeres qui connaissait des captures des personnes pour dettes, dans tous les endroits de la ville et banlieue*. M"»* Mercer, sommée inutilement de payer ou de fournir caution, fut conduite en prison. Elle se pourvut à l'Échevinage en nullité de sou arrestation et en trente mille livres de dommages-intérêts. On la débouta de sa demande. Elle se résigna alors à satisfaire ses créanciers, recouvra sa liberté après dix-huit jours de détention, et interjeta appel au Conseil d'Artois.

Robespierre était trop généreux et trop galant pour ne pas employer toutes ses ressources en faveur d'une victime aussi intéressante. La lutte qu'il soutint contre les créanciers de Mme Mercer ne dura pas moins de quatre audiences, après lesquelles la Cour, ne se trouvant pas suffisamment éclairée, « appointa les parties au Conseil », c'est-à-dire ordonna qu'elles produisissent leurs moyens par écrit, avec pièces à l'appui.

Cet arrêt préparatoire permit à Robespierre de donner à la cause le retentissement dont il était avide. S'adressant au public autant qu'à ses juges, il fit imprimer, sous forme de réplique, un discours en soixante-quatre pages in-quarto. De tels développements étaient en rapport avec l'importance que l'avocat prêtait à la défense de sa cliente : a Cette cause, disait-il, est celle des villes d'arrêt, celle des étrangers, celle des citoyens, celle de la liberté, celle d'un sexe intéressant aux yeux de tous les hommes par ses vertus et par ses charmes, aux yeux des magistrats eux-mêmes par sa fai-

1. Le siège des Viersebaeres se composait de sept amans, ou baillis, représentant le Roi, à cause de son château de Saint-Omer, et les autres seigneurs particuliers de la ville, de dix echevins et d'un greffier nommés par les mayeur et éehevins de Saint-Omer. — I.e terme flamand Viertchaere signifiait tribunal et s'appliquait spécialement en Flandre aux justices seigneuriales restées en la main du Roi.

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