‹ La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en ArtoisChapitre 64 sur 111 · SUR LES ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

SUR LES ROBESPIERRE

Le 13 thermidor, Lequinio, représentant du peuple à la Convention, avait écrit au citoyen Agent national près la Commune d'Arras :

« Je voudrais, citoyen, me procurer des renseignements sur la naissance, la famille, les mœurs et la vie privée des deux Robertspierre à toutes les époques ; tu m'obligerais beaucoup de me procurer des détails certains et de me les faire passer le plus promptemeot possible. Je te serai très-reconnqissant, et je saisirai, avec empressement les occasions que tu me fourniras de te le prouver. Adieu, salut en la République.

« Lequlnio.

« Adresse moi simplement : A la Convention. »

• Lenglet venait d'être nommé agent national de la Commune ; il s'empressa de répondre u Lequinio ; mais il s'abstint de donner à son correspondant les renseignements nombreux et circonstanciés qu'il possédait sur Robespierre, son confrère au barreau, a l'Académie d'Arras et a la société des Notât i. Cependant sa réponse offre

(|ULMl|UC jiucrci*

Arras, 16 thermidor, de la deuxième année de la Hépublique française, une et Indivisible.

Lenglet le jeune, agent national de la Commune cT Arras, au citoyen Leguinio, représentant du peuple.

« Citoyen,

« En conséquence de ta lettre du 13 de ce mois, je t'envoie les renseignements que tu me demandes relativement aux deux Robespierre ; ils sont nés h Arras ; leur ayeul paternel est né à Falempin, village à une lieue environ de distance de Carvin, près Lille * ; leur aycule à Carvin. Leur père était avocat à Arras; il n'était pas riche ; c'est pourquoi ses deux fils ont demeuré au même lieu chez leur ayeul maternel, appelé Carraut ; il était brasseur.

« J'ai connu Maximilien Robespierre audit Arras, dans sa jeunesse, il y a environ vingt-cinq ans ; il était alors» en quatrième * au collège du même lieu. Je lui ai remarqué un caractère détestable et une envie démesurée de dominer ; ceux qui l'ont connu pensaient ainsi.

« A cette époque, il a quitté Arras pour aller étudier à Paris dans un collège qu'on uppclait alors collège de Louis-le-Grand ; il avait été là par le moyen des cy devant moines de la cy devant abbaye de Saint-Vaast, qui lui avoient fait obtenir une bourse. Depuis ladite époque, je l'ai perdu de vue, jusqu'au moment où il est revenu à Arras, il y a environ douze ans, exercer les fonctions d'avocat ; son caractère n'était point changé, et il a intrigué pour se faire nommer à l'Assemblée Constituante.

Quanta Bon, son frère, je l'ai connu davantage dans sa jeunesse; il était fort étourdi, mais d'un caractère plus traitable ; je l'ai aussi perdu de vue depuis très-longtemps qu'il a quitté Arras pour aller étudier à Douay. Il y est resté pendant quelques années ; ensuite il a été* continuer ses études au même collège que son frère, et par le même moyen.

« Il est revenu à Arras il y a environ sept ans ; il y a aussi exercé les fonctions d'avocat ; je l ai connu, comme les patriotes d Arras, jusqu'au moment où il a été nommé représentant du peuple ; il mon-

1. Erreur ; l'aïeul paternel de Robespierre était né à Carvin.

5. Erreur : Robespierre était entré a Louis-le-Grand dans la classe sixième.

trait alors beaucoup de zèle pour la chose publique ; il était l'un des fondateurs de la Société populaire d'Arras.

« Quant aux mœurs de ces deux individus, je ne les connaissais point dépravées.

« Salut et fraternité,

« Lexglet.

« P. S. — J'ai su d'une citoyenne d'Arras qui fréquentait la maison des père et mère des Robespierre qu'ils avaient fait apprendre de la dentelle à Maximilicn, leur fils, et qu'il en faisait très-bien à l'âge de cinq à six ans.

« À la Convention nationale, à Paris 1 ». 1. Autographes communiqués par M. Dancoisne, dHénin-Liêtard.

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