‹ La Jeunesse de Robespierre et la convocation des États généraux en ArtoisChapitre 63 sur 111 · Discours aux Jacobins déjà cilé · texte numérisé non relu

Discours aux Jacobins déjà cilé

t. Madame Marchand, <{ui imprimait les Feuillet à' Artois, prêta a Robespierre, avec la famille de qui elle était liée alors, dis louis et une malle de voyage. L'abhé Proyart publia, en l~ub. c la note exacte de ce qui formait la garde- robe du deput - d'Artois à la Constituante; elle m'a élé remise, dit-il. par la personne même qui a fait sa malle ».

« Toialilé desetfeis contenus dans la nulle de Robespierre, partant pour les Etats généraux :

« Un habit de drap noir (il était rappéj; no halit de velours ciselé, noir (Il avait été achel* à la fripperie de Paris, et il était reteint).

« Une veste de satin (asseï bonne:, une veste de rax de Salnt-Maur (passée).

« Une culotte de velours noir sur coton, une culotte de drap noir, une eulotte de serge sur soie (les trois étaient fort usé^s).

« Sii chemise*, six cols, six mouchoirs de |>ocbe(doiit la plus grande partie en bon état).

c Trois paires de bas de soie (dont une presque neu\e). « Deux paires de souliers (dont une de neufs).

c Des vergettes pour les habits, deux brosses à souliers, un sac a poudre, avec sa houppe.

« Un petit manteau noir, un petit chapeau a porter sous le bras. « Une robe d avocat.

« Plusieurs murera u\ lo différents étoffes. « Une boite avec soi*- ni. laine et aiguilles. « Un paquet de papiers pour un procureur de Pans, c Une quantité d exemplaire* de ses Mémoires imprimés» [Vit de tloUspurre, pag. 61, noie).

les sentiments « de protection, d'intérêt et de respect » qu'il reprochuit naguère au Magistrat d'Arras de ne point témoigner au Peuple, a Au milieu d'un souper nombreux, il fit appeler Languillette, le savetier cureur de puits à qui, dans rassemblée du Tiers-Etat de la ville, M. Dubois de Fosseux, un des échevins nobles, avait promis ironiquement la charge de mayeur, et lui tint ce langage : t Sou- « viens-toi, mon cher ami, de ce que je vais te dire : tout « va changer en France ; oui, avant peu, ce pauvre Lan- « guillette, que méprise tant Ferdinand de Fosseux, n'aura « plus qu'à se reposer : les Languillette deviendront mayeurs, a et les mayeurs seront des Languillette ' ».

Tel est l'idéal que Robespierre poursuivra dans sa trop longue carrière de cinq ans. A l'Assemblée constituante, au club des Jacobins, à la Convention, au Comité de Salut public, il sera, avant tout, un niveleur. A Paris comme à Arras, intègre dans ses mœurs, inaccessible aux influences d'argent, travailleur infatigable, parleur universel, il mettra au service de la Révolution un esprit étroit, une logique apparente, un caractère résolu, une volonté inflexible. Servir les classes inférieures, ce sera, pour lui, détruire toute supériorité. Parce qu'il aura voué au riche une haine implacable, il s'imaginera qu'il aime le pauvre. Dans Tac. complissement de son programme philanthropique, s'il rencontre des opposants, il saura se débarrasser d'eux en les livrant à lechafaud. Il donnera ainsi satisfaction, nou-

1. L'abbé Proyart. — La propbêtie de Robespierre se réalisera littéralement à Arras. Le baron d'Alx, dernier mayeur, sera décrété d'arrestation le 6 octobre 1*793. et mis à mort le f> avril 1*!>4. Le jour même de son exécution, Joseplt Le lion chargera le District « de loger le citoyen Delmotle, dit Lar.lilletie, sa femme et trois enfants, dans la maison du guillotiné d'Aix >. Ce Lantillette ou Languillette. habitué du club et fameux dénonciateur, sera ensuilc appelé à siéger au comité de surveillance révolutionnaire.

seulement à son orgueil, à sa jalousie, à ses vengeances, mais à ce triste sentiment auquel il sera en proie, tout en l'imposant aux autres : la peur. Toujours plein de méfiances, livré à de continuels ombrages, il transformera ses adversaires de tribune en conspirateurs et en criminels d'État ; il passera sa vie à soupçonner, à dénoncer, à proscrire. Apres avoir refusé au Roi accusé toute justice, aux Girondins vaincus toute clémence, à Danton et à Desmoulins, ses amis attardés, toute pitié, il fera de la Terreur un système de gouvernement ; et la France sera assez humiliée, assez châtiée, pour subir le despotisme de ce rhéteur sanguinaire, jusqu'au jour où la mesure des crimes étant comble, les complices de Robespierre craindront de devenir ses victimes, et le mettront à son tour hors la loi. — « L'histoire du y thermidor n'est pas longue, dit le comte de Maistre, quelques scélérats firent périr quelques scélérats ».

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