Id
G. « J'avais pour les filles publiques une horreur qui ne s'est jamais effacée. » {Confessions, liv. I.)
SOLITUDE 11
M^i^ Victorine Biofillion... » Et Beyle se consumait toujours de tendresse sans objet. Il ne cherchait plus dans la rue son Héloïse, il l'attendait maintenant dans sa mansarde, auprès de son petit poêle de fonte, en buvant de la tisane ^.
Mais ce fut le vénérable Noël Daru qui vint, un beau jour, pour emmener dans un logis moins triste ^ ce pauvre enfant abandonné. On le coucha, on fit venir une garde et un bon médecin. Beyle nous assure que son état fut très inquiétant ^. Au bout d'un mois, il était sur pieds.
Pour la troisième fois, Beyle déménagea. Ses cousins Daru, qu'il avait peut-être fuis par timidité pendant les premières semaines de son séjour, résolurent de l'apprivoiser. Ils le logèrent dans leur maison *. Dès lors la vie de Beyle, sinon son âme, va changer d'aspect.
Mais comment Beyle, parti de Grenoble au com- /^■îf mencement de brumaire an VIII pour passer, avant la fin du mois, l'examen d'entrée à l'Ecole Polytechnique, se trouvait-il encore, au printemps suivant, oisif et sans emploi, dans la maison des Daru ? Pourquoi ne s'était-il pas présenté à un concours où il était sûr d'être reçu? Ce fut, dit simplement M. Chuquet, pour « se singulariser et... ne pas faire comme les autres. » Il ajoute, il est vrai, avec plus de justesse, que Beyle recula devant une application suivie, devant la servitude d'une école militaire, et qu'il préféra « vivre libre à Paris en écrivant des