‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 115 sur 166 · Id · texte numérisé non relu

Id

3. Bibl. de Gren., R 5896, t. XV : six grandes pages, contenant le plan développé des cinq actes. — Le 11 floréal, il regrette que les Quiproquos ne soient pas en vers [Jour. d'il., 6).

4. Je retrouve un plan d'Ulysse, un peu plus tard, à la date du 21 floréal an X (R 302 ; trois pages sur les caractères) : « Quel est le problème? Ulysse rentrera-t-il, ou ne rentrera-t-il pas en possession de son trône? » Cette tragédie d'Ulysse se confond sans doute avec la Pénélope, dont il parle dans son journal du 18 frimaire an X, et qu'il avait conçue ce même jour en lisant la traduction de VOdyssée par Bitaubé {Jour, d'il., 49). Le projet de Stendhal fut réalisé par Ponsard dont la tragédie d'Ulysse fut représentée à la Comédie- Française le 18 juin 1852.

veut mêler dans son œuvre l'antiquité et les temps modernes.

Pourtant, un peu plus tard, il se repentira de son audace : « Tout bien considéré, je ne me crois aucun génie pour la tragédie. Ainsi j'abandonne Ulysse et Ariodant... Je me crois plus près d'une bonne comédie que d'une bonne tragédie. — J'ai dix-neuf ans accomplis, il est temps de me faire connaître ; ainsi il faut tout sacrifier pour traiter le Ménage à la mode ^ »,

Ce Ménage à la mode, auquel Henri Beyle veut ici « tout sacrifier », fut l'objet de longues méditations. Quand Beyle le concevait à Bergame, il se sentait plein d' « espérance ». Il le reprendra plus tard en Piémont ; il voudra le recommencer à Paris ^. C'est encore une comédie d'intrigue, « en 5 actes et en vers », d'une complication excessive : Pauline épousera-t-elle Velson, « jeune homme de vingt- cinq ans, vif, impétueux », qui « adore Pauline » et qu'elle aime « de tout son cœur », ou la mariera-t-on au chevalier d'Arnanche, « jeune fat outrant tous les défauts actuellement à la mode parmi nos jeunes gens, parlant sans cesse de sa noblesse de vingt-quatre heures, et de la religion de nos pères » ? Beyle faisait triompher l'amour et la nature : Pauline épousait Velson.

En jetant sur son œuvre ébauchée un coup d'œil d'ensemble, le 23 messidor an IX, Beyle, satisfait d'y voir quatre ou cinq comédies, deux tragédies, et un drame larmoyant, se disait non sans fierté qu'il pouvait espérer quelque succès dans la carrière du théâtre ^. Ce qu'il a laissé de ces premiers essais ne nous donne véritablement point une aussi flatteuse impression. Mais il n'importe. Beyle, tout entier à son génie dramatique, s'absorbait dans la pensée de sa gloire future, et vivait dans une illusion bienfaisante.

Tous les jours plus étranger à son métier de soldat, il

1. Ce passage inédit est un peu postérieur au retour de Beyle en France. Il se trouve à la suite du projet d'Ulysse.

2. Bibl. de Gren., R 302 ; ce cahier d'une dizaine de pages porte les dates du 12 frimaire et du 24 prairial an X.

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