‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 116 sur 166 · Jour. d'It · texte numérisé non relu

Jour. d'It

LA CARRIÈRE MILITAIRE d'hENRI BEYLE 171

cherchait des distractions. De temps en temps, sous prétexte d'aller voir son médecin à Milan, il faisait une fugue jusqu'à la Scala ^, et revenait bâiller, baguenauder, prendre médecines et vomitifs à Bergame. Il essayait de la clarinette, s'en dégoûtait, se mettait à apprendre l'escrime du sabre ^, et faisait avec son général de longues chevauchées dans la campagne. La vue des beaux paysages était le seul plaisir dont il ne se lassât point : « Le pays est superbe et a des aspects enchanteurs... Les bois dans les collines derrière Bergame sont tout ce qu'on peut imaginer de délicieux ^. »

Mais Beyie avait en somme épuisé tout ce que l'Italie pouvait alors lui donner. Déçu dans ses rêves d'amoureux et dans son ambition de soldat, condamné, en ce pays de gloire et de conquête, à ne plus mener que la vie mesquine de garnison, il ne songe désormais qu'à s'en aller. Il « craint ;> que son général ne veuille encore s'attarder en Italie, écrit-il à sa sœur le 14 juin 1801 * : mais alors il demandera un congé, il pourra revoir les campagnes de Claix, « son papa )>, a la tatan et toute la famille » ; il s'attendrit à cette pensée ; « nous mangerons du raisin ensemble ;^, confie-t-il à Pauline.

Cependant, le 5 messidor ^, Beyle et son général changeaient de garnison. Ils allaient s'établir à Brescia, et se logeaient, là encore, dans un palais célèbre par ses Titiens, ses Véronèses, ses Rubens et ses Guides, la casa Avogadro '. Mais Beyle ne semble pas avoir prêté plus d'attention à ces peintures qu'aux palais, aux églises, aux sta-

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