Jour, d'il
4. Quand le général Harville inspecta le régiment, le 8 messidor an VIII, quelques jours après ]\Iarengo, il constata que le 6^ dragons était « en retard sur toutes les parties essentielles de la tenue, de l'instruction, et de la discipline ». « La composition des officiers » y était « affreuse ». Et l'inspecteur, les passant en revue, ne trouve à louer que le chef d'escadrons Lcvrault ; quant aux autres, l'un est « absolument nul », l'autre « indolent » et « sans moyens » ; trois d'entre eux ne savent ni lire ni écrire ; celui-ci est « ivrogne » et « mauvais sujet» ; et ceux-là disparaissent les jours de bataille. A la lecture de ce rapport, le ministre mit à la retraite ou en réforme nombre d'officiers, et quand Beyle, bientôt après, entra au régiment, il le trouva sans doute amélioré. Mais, si la plupart des illettrés et des lâches en avaient disparu, ceux qui restaient n'étaient apparemment point des esprits cultivés, capables d'intéresser un « intellectuel » et un raffiné tel que Beyle. D'ailleurs, même pour la préparation à la guerre, le 6* dragons demeurait médiocre. Il manquait « d'esprit de corps ». Sans doute officiers et soldats y montraient de la « bonne volonté » et de la « sagesse ». Mais les officiers, d'ailleurs « actifs, assez décidés à cheval », n'étaient pas « fort avancés » en théorie. Ceux qui connaissaient les