H. Br., II
4. Un peu plus peut-être. D'après Thiers (I, 366-367), les cavaliers conduisaient leur cheval par la bride, ce qui était dangereux à la descente : « Le sentier fort étroit les obligeant à marcher devant le cheval, ils étaient exposés, si l'animal faisait un faux-pas, à être entraînés avec lui dans les précipices. 11
« Comme le sacrifice de ma vie... était fait et parfait, j'étais excessivement hardi à cheval... Je fus constamment gai. Si je rêvais, c'était aux phrases par lesquelles J.-J. Rousseau pourrait décrire ces monts sourcilleux couverts de neige et s'élevant jusqu'aux nues avec leurs pointes sans cesse obscurcies par de gros nuages gris courant rapidement ^. »
Beyle eut donc « un plaisir extrême », malgré les cailloux roulants, la neige fondante, la brume épaisse et le froid très piquant ^, à gravir ces chemins du Saint-Bernard, défoncés par le passage d'une armée. La seule chose qui vint troubler sa gaîté fut une déception sentimentale. En vrai disciple de Rousseau, Beyle avait trop préjugé des hommes. Il s'était fait dès longtemps une idée noble et sublime des soldats de la République. Il fut détrompé ^ : « Au lieu des sentiments d'héroïque amitié que je leur supposais, d'après six ans de rêveries héroïques, basées sur les caractères de Ferragus et de Rinaldo, j'entrevoyais des égoïstes aigris et méchants ; souvent ils juraient contre nous, de colère de nous voir à cheval et eux à pied. Un peu plus ils nous volaient nos chevaux *. »
arriva, en effet, quelques accidents de ce genre, mais en petit nombre, et il périt quelques chevaux, mais presque point de cavaliers. » — Cf. Jomini, XIII, 181-182, et la note de la page suivante.