‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 5 sur 166 · II-I · texte numérisé non relu

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même très dégradés, ils faisaient alors de ce quartier toujours sévère un pays de ruine et d'abandon.

Le reste du Paris d'alors ne devait pas sembler à Beyle beaucoup plus séduisant, avec ses rues étroites et mal percées, ses maisons sans aucun style. Ce Paris, dont nous n'avons plus l'idée, était si sombre et si sale que Beyle, en Italie, admirera même une ville aussi boueuse que Milan, et sera frappé, par contraste, de la largeur et de la propreté de ses rues ^.

Tant de laideur médiocre et grise inquiéta Beyle dès les premières heures. « Le premier aspect de Paris me déplaisait souverainement. » « Ce dégoût augmenta rapidement les jours suivants ^. »

En approchant de Paris, il avait remarqué déjà, avec un étonnement douloureiix, qu' « il n'y avait point de montagnes ! )) Ces horizons bas et mous qui enveloppaient la ville ne lui avaient laissé que mépris ^. Et maintenant le petit campagnard qu'était Beyle, perdu au milieu de cette immense cité, souffrait une étrange angoisse à sentir autour de lui cet océan de pierres *. Où étaient Claix, ses cliamps, ses arbres, et ses rochers ? Où était Grenoble ? Car, môme à Grenoble, ne voyait-on pas toujours les Alpes au-dessus des maisons ? Les yeux de Beyle ne pouvaient se passer d'un paysage rustique et sylvestre.

Ainsi Beyle, à peine arrivé dans ce Paris qu'il rêvait depuis des années, regrettait déjà sa patrie. « C'était donc là ce Paris que j'avais tant désiré ! L'absence de montagnes et de bois me serrait le cœur. Les bois étaient intimement liés à mes rêveries d'amour tendre et dévoué, comme dans l'Arioste ^... »

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