‹ La jeunesse de Stendhal (volume 2)Chapitre 81 sur 166 · pur troppo, riuseî innumerevole. » {Id · texte numérisé non relu

pur troppo, riuseî innumerevole. » {Id

3. La plupart de ces anecdotes, recueillies à Milan, et de la bouche de personnes assez âgées pour se rappeler la comtesse A., ou du moins son histoire, m'ont été communiquées par mon savant ami le professeur Gallavresi, que j'en remercie encore une fois.

4. Voir dans Rovani sa première entrevue avec Foscolo {Id., 223).

encore ses traits sans grâce, et ses robustes appas ^. Mais on aimait alors ces femmes à la forte encolure, au teint coloré, créatures abondantes, plantureuses, toutes chaudes de vie ^. Le pâle idéal des romantiques n'était pas encore né. Or, la comtesse A. faisait la passion de toute l'armée française, et le palais A. n'agréait à personne. Le comte disait en philosophe : « J'ai fait bâtir la façade de ma maison pour que tout le monde l'admire, et elle ne plaît qu'à moi. J'ai choisi ma femme pour moi seul, et voici qu'elle plaît à tout le monde ^. »

Que n'a-t-on pas raconté sur elle ? Ses goûts étaient largement éclectiques. Elle passait du poète au manant. Un jour elle distinguait même l'ouvrier venu pour refaire les matelas de son lit, et qui en eut l'étrenne. Il lui arrivait souvent, le soir, d'indiquer l'heureux valet chargé de lui apporter, au réveil, son chocolat du matin. Sa maison était bien montée, et les gens choisis selon ses préférences *.

Au moins y avait-il là une espèce de désintéressement. Mais la comtesse A. n'était pas toujours aussi oublieuse des nécessités de la vie. Il va de soi qu'une grande dame comme elle prenait seulement des cadeaux princiers. Un jour c'était une villa que lui offrait le baron Zanôli ; elle accepta. Il est vrai qu'il lui avait aussi donné un fils. Cet homme généreux lui apportait une autre fois un bouton de rose : mais la comtesse, qui était peu sentimentale, ne s'attarda point à la fleur : « Gh' è sott cantina ^ », s'écria-

1. Est-ce le même portrait que Beyle a vu, et où il a admiré « les traits romains par la forme, et lombards par la douce et mélancolique expression, d'une femme de génie, madame la comtesse Aresi » ? [Rome, Naples el Florence, 74.) La comtesse Aresc n'a sûrement jamais connu la mélancolie. Mais Beyle a tant d'illusions.

M. R. Barbicra parle d'un portrait, où elle est coifïée « d'un turban rouge surmonté d'un grand panache à l'orientale " ; il la dépeint avec « de grands yeux noirs, un nez aquilin, impérieux, un vaste front, le sein découvert..., un ensemble décidé, mais un peu vulgaire. » [Op. cit., 432-433.)

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