‹ La jeunesse de Stendhal (volume 3)Chapitre 119 sur 162 · LA CARRIERE MILITAIRE D HENRI BEYLE · texte numérisé non relu

LA CARRIERE MILITAIRE D HENRI BEYLE

« Que trouve un jeune homme en entrant dans le monde ? Des gens qui veulent le protéger, prétendent... le gouverner, le conseiller. S'il est d'un caractère assez élevé pour vouloir... se gouverner par ses principes, se conseiller par ses lumières,... on ne manque pas de dire qu'il est original, singulier, indomptable. »

(Chamfort.)

Aide de camp trop oisif, Beyle s'ennuyait. Mais au moins jouissait-il de sa liberté et trouvait-il parfois, dans l'état-major ou à la table du général Michaud, des hommes du monde à qui parler. Cette existence sans gloire avait bien quelques agréments. Mais Beyle va perdre ce qui lui restait de velléités guerrières quand on le forcera de rentrer au 6^ dragons. Il tenait à ne prendre de la vie militaire que la fleur.

Le général Michaud en effet avait bien pu donner à Beyle les fonctions, mais non pas le titre d'aide de camp ^. Tout l'effort de ce jeune homme ambitieux, et ami des faveurs, avait donc été de se faire confirmer dans un poste qu'il n'avait pas le droit d'occuper. Depuis plus de trois mois, il jouissait de cette plaisante sinécure sans que sa situation eût encore été réglée ^ ; et il commençait à s'inquiéter, ne voyant rien venir, quand il reçut, le 15 prairial, au lieu de la commission attendue, l'ordre de rejoindre son régiment ^. Il fut « accablé ».

Il ne pouvait ignorer que Daru désapprouvait sa conduite, la trouvant à la fois imprudente et indécente : « un jeune homme qui se voue à l'état militaire doit commencer comme on commence, c'est-à-dire par l'ap-

1. D'après la lettre de Daru (appendice), pour être nommé aide de camp il fallait être lieutenant et avoir fait deux campagnes.

Il ne faut donc pas dire, avec M. Chuquet, que « la nomination [de Beyle comme aide de camp] est du l''' février 1801 » (55, note).

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