Br., II
Beyh dans la familie Daru. — Pierre Daru. — Martial Daru. Beyle aux bureaux de la Guerre.
« Je devais être un singulier problème dans la famille Daru ; la réponse devait varier entre : C'est un jou, et : C'est un imbécile. »
(//. Br., II, 116.)
Les Daru allaient être pendant quinze ans les protecteurs attitrés d'Henri Beyle. Ils le comblèrent d'attentions, ils le reçurent chez eux comme un fds, ils ont fait sa fortune. Leurs bienfaits ne se lassèrent point. Quelques-unes de ses cousines voulurent même bien ajouter au traitement privilégié dont jouissait Beyle dans la famille des faveurs toutes personnelles et plus précieuses. Les Daru montrèrent donc à Beyle toutes les espèces de bienveillance, et Beyle a eu pour eux toutes les sortes d'ingratitude.
Il mit trente-cinq ans à découvrir qu'il leur devait beaucoup : « j'admire aujourd'hui, mais aujourd'hui seulement, écrit-il dans Henri Brulard, la bonté de toute cette famille Daru ^. »
C'est que jamais ils ne se comprirent. Aussi n'ont-ils éprouvé les uns pour les autres nulle sympathie véritable. Le protégé, nous le verrons, méprisait l'âme froide et l'esprit bourgeois de ses protecteurs ; et ceux-ci trouvaient Henri Beyle indépendant à l'excès, mauvais sujet, et