Cf. plus haut, p
alimente un feu de joie avec les archives de la province !.
C’est à la fin de cet été que Beyle, qui entendait sans cesse parler du siège de Lyon, s’en allait les soirs sur la terrasse dans l’espérance, toujours trompée, d'entendre de là le canon des armées républicaines ?.
Sans doute, le 21 janvier 1794, empêche-t-on l'enfant de regarder les scènes étranges qui se passent sur la Grenette. Mais n’entend-il pas au moins les chants furieux du peuple : « Mangeons à la gamelle, Dansons la Carmagnole... », tandis que trois mannequins représentant « Louis Capet, dont la tête était ornée d’une couronne et le front de deux cornes », le Pape et la Noblesse, tombent sous la « massue populaire » de deux Hercules, aux « eris de vengeance » des citoyens, qui traînent dans la boue leurs dépouilles ? Ayant ainsi prouvé leur haine des rois, des nobles et des prêtres, «les citoyens se réunirent… au pied de l'arbre de la Liberté, et après avoir chanté plusieurs couplets et chansons analogues à la fête, ils firent une farandole autour de cet arbre chéri #... »
Enfin, la même année 1794, Beyle dut voir défiler souvent ce bataillon de l’Espérance, où des enfants comme lui se donnaient l'illusion d’être des guerriers. Le 10 thermidor, ils prirent part à une cérémonie touchante en l’honneur de Barra et d’Agricol Viala. Aux côtés des petits soldats, les acteurs et les actrices du théâtre, les danseurs et les danseuses du corps de ballet, jouèrent leur rôle dans cette fête patriotique. « Le soir, trois Jeunes canonniers du même bataillon se rendirent à la société des Jacobins, et l’un d’eux prononça un discours au nom de ses camarades 4 » Comme Beyle dut regretter en pareil jour d’être exilé loin de ces gloires, par les odieux préjugés de sa famille ! C’est alors peut-être qu’il imagina le vilain tour
1. Peut-être, à la fin de cette année 1793, Beyle eut-il la joie maligne de voir sa tante Séraphie une cocarde tricolore dans les cheveux, si du moins fut strictement appliquée la loi du 21 septembre 1793, et la menace de huit jours de prison pour celles qui se refuseraient à porter cet insigne patriotique. (Cf. la Délibération du Conseil général, du 26 frimaire 4793, Arch. de Gren., LL 3.)