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Pour les élèves de plus de quatorze ans

d’une classe de dessin appartenant à la première section *. L'année suivante, ilse partage entrela première, la seconde et la troisième sections, dessin, sciences, et belles-lettres. Enfin, en l’an VII, nous le retrouvons dans la seconde section, celle des sciences. En cette école centrale, les élèves avaient la même indépendance qu’un étudiant de faculté ; ils choisissaient leurs cours, se pressaient en foule à quelques-uns, et désertaient la plupart. Beyle fit comme les autres.

Grâce à cette plaisante liberté, nulle crainte de surmenage. Les cours étaient d’ailleurs incomplets à Grenoble, et l’on n’avait pu trouver de professeurs pour les langue; vivantes. Enfin, les élèves eussent-ils été très assidus, on leur demandait peu de travail personnel. Le professeur discourait ; ils écoutaient. Ils pouvaient même ne pas écouter.

La sensibihté la plus exquise et la plus noble inspirait désormais la discipline. Plus de verges : ces châtiments corporels ne pouvaient faire que des hypocrites et des esclaves, et convenaient aux collèces de jadis. Pas davantage de pensums : « Vous ne donnerez le travail que comme récompense, et jamais comme peine », conseillait subtilement le ministre. Et comme il fallait pourtant supposer quelques erreurs, même chez de jeunes patriotes, et prévoir quelques punitions, François de Neufchâteau concluait : (€ Vous réprimerez les fautes simples par des privations, les délits par la honte. » Et nous devons croire que cela suffisait.

Ce ministre avait l’âme idyllique d’un berger de Florian. La vie des écoliers, telle qu’il la rêvait, ne devait plus être qu’émotions tendres et joyeuses, civisme et vertu. Il recommandait aux maîtres de mener leurs élèves « dans les champs, les prés et les bois, pour y admirer la nature et pour apprendre à la connaître 2... » Et surtout, l'imagination toute remplie de Jean-Jacques, il multiphait les fêtes.

1 M. Chuquet a déjà remarqué cette confusion, 2. Lettre du 17 vendémiaire an VII, aux professeurs des Ecoles centrales.

(Arch. de l'Isère.

Ces fêtes donnent à l'Ecole centrale sa physionomie originale et plaisante. Sans doute les philosophes qui l'avaient fondée avaient apporté dans l’enseignement bien d’autres nouveautés plus sérieuses. Mais ce pittoresque naïf ne doit-il pas lui gagner tous les cœurs?

Aussi bien la sollicitude gouvernementale ne prit jamais autant de soins pour amuser les populations. Jamais il n’y eut tant de cérémonies touchantes, tant de cortèges fleuris, tant de fanfares, de chants et de discours. Fêtes essentiellement moralisatrices, d’ailleurs, et qui, par des spectacles vertueux et sensibles, devaient tour à tour inspirer aux spectateurs des pensées philosophiques, ou mouiller leurs yeux de larmes pieuses.

Les maîtres et les élèves de l'Ecole centrale étaient les figurants obligés, et le plus souvent les acteurs convaincus, de ces divertissements patriotiques. Est-il besoin de le dire? Nul ne songeait alors à la neutralité. Le premier devoir des professeurs comme de leurs disciples était de haïr la royauté 1, et de desservir fidèlement le culte décadaire ?. L’Administration centrale prenait même, le 19 brumaire an VII, un arrêté pour prescrire aux membres du jury d'instruction et aux professeurs « de se rendre en corps et de conduire les élèves, chaque jour de décadi ou de fête nationale, à la salle décadaire ». Et l’on devait noter soigneusement les élèves absents à.

Comment Beyle n’a-t-il gardé nul souvenir de ces pieuses cérémonies, où son grand-père comme lui-même

4. « Tous les professeurs s’attacheront particulièrement à inspirer dans leurs leçons la haine de la royauté, l’amour de la patrie, et les vertus républicaines. » (Arrêté de l’ Admin. centrale, du 19 brumaire an VII, titre XVI.) Cette intolérante partialité est surtout visible dans les programmes d'histoire (voir le Procès-verbal de la distribution des prix faite en l’an VI, Arch. de Gren., LL 223). Les lettres circulaires envoyées aux professeurs en l’an V, l’an VI et l’an VII par les ministres successifs de l'Intérieur montrent combien l’enseignement tout entier demeurait un enseignement de doctrine. Tout candidat à l'Ecole Polytechnique doit être « porteur d’une attestation de la municipalité » prouvant « qu’il a constamment manifesté l'amour de la liberté et de l'égalité, et la haine des tyrans. » (Arch. de Gren., LL 224.)

2. Sur le culte décadaire, les fêtes, et particulièrement le rôle de François de Neufchâteau, voir A. Mathiez, La Théophilanthropie et le culte décadaire : Paris, 1904, in-80. (Lire surtout pages 429 et suiv.)

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