‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 156 sur 369 · H. Br · texte numérisé non relu

H. Br

3. Beyle lira toute sa vie Saint-Simon, comme en fait foi l’exemplaire des Mémoires retrouvé il y a peu d'années à Rome, et couvert par lui de notes marginales. S'il ne put, en 1798, que pressentir des mérites qu’il découvrira mieux plus tard, on voit de reste comment cet écrivain audacieux et libre, ce psychologue amer et profond, cette âme passionnée jusqu’à la fureur, mais lucide, pouvait ravir Henri Beyle, avant de contribuer à former son talent. « Les épinards et Saint-Simon ont été mes seuls goûts durables », a-t-il un jour déclaré. (H. Br., II, 164; cf. 53. — Beyle pratiqua d’abord l'édition fragmentaire en sept volumes : Paris, 1788-1789, in 80.)

Un autre écrivain s'était uni à Saint-Simon, en ces dernières années de Grenoble, pour donner à Beyle une vive image de la société française. C’est Duclos, dont il avait, peu de temps après la mort de Séraphie, « lu et adoré les Mémoires secrets ». Six ou huit ans plus tard, Duclos exercera sur la pensée de Beyle, sur ses sentiments, sur son caractère, la plus pénétrante et la plus durable influence. Il sera même, avec Laclos, un des maîtres du futur romancier. Mais, quand Beyle a quinze ans, Duclos lui fournit seulement un tableau de mœurs. D’après lui, Beyle se « figure le monde », la vie des cours et celle des salons. Il ne lui demande pas encore des leçons d'analyse morale et de méthode psychologique. (Voir H. Br., I, 301 ; TL, 63,74, 109?)

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