‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 170 sur 369 · Sur ces études, voir H. Pr 1112512253 2: H. BAT · texte numérisé non relu

Sur ces études, voir H. Pr 1112512253 2: H. BAT

SH Br, 1 181-182.

Dans cette impression naïve, Beyle se révèle déjà tout entier. Il lui faut de la « volupté », mais non pas sans (un mélange de sentiments tendres » : une scène de Florian déshabillée par Fragonard. Jamais Beyle, fût-ce dans sa vieillesse la plus aride, ne saura devenir un pur païen. Sa sensualité restera toujours pudique et sentimentale !.

Mais il nous montre encore ici sa manière définitive d'apprécier une œuvre d’art. Il y cherchera toujours des émotions. Même devenu un connaisseur, il aimera seulement les peintres qui séduisent son cœur, Raphaël, le Corrège, le Dominiquin ; il deviendra amoureux de leurs Vierges ou de leurs Saintes, de leurs Déesses ou de leurs Sibylles : et il admirera leur génie d’après la qualité et la force de son attendrissement.

Qu'il soit dangereux de ne demander guère aux peintres que des maîtresses idéales, je n’ai point à le prouver. Mais enfin, tel était Stendhal à douze ans, tel il sera à trentecinq, quand il écrira l'Histoire de la Peinture, à quarantecinq, quand il fera les Promenades dans Rome. Il aimera cette Léda du Corrège 2, où de riantes jeunes femmes folâtrent nues dans l’eau d’une rivière, sous l’ombre des arbres ; et, à la galerie Borghese, il regardera toujours avec tendresse cette Chasse de Diane, du Dominiquin, où des nymphes presque impubères se baignent allègrement, et nous présentent sous tant d’aspects variés leurs jeunes corps innocents et nus.

Beyle n’écrira-t-il pas : « … le beau-idéal du coloris et du celair-obseur.…. tient de bien... près aux cuisses de nos maîtresses 3... »? Il a lui-même en effet trop souvent mêlé les cuisses de ses maîtresses à ses émotions esthétiques.

Dès ses débuts dans la critique d’art, il pratiquait déjà cette inconvenante méthode : « .… le paysage de M. Le Roy..., pendant quatre ou cinq ans », fut pour lui « idéal du bonheur voluptueux. »

En revanche, quand il aura « le plaisir délicieux » de

1. Il écrira dans l'Histoire de la Peinture : « La plus grande ennemie de la volupté, c’est l’indécence » (362).

2, Hist. de la Peint., 362,

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