‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 211 sur 369 · H. Br., I · texte numérisé non relu

H. Br., I

2, «.… quatre ou cinq mois du bonheur le pl lupté la plus forte. que j'aie jamais éprouvée. » (4. Br., I, 267.)

us vif et de la sensation de vo-

tout ce qui m’environnait !, ce [fut] l’époque de la mort de ma haine pour feu ma tante Séraphie ?. »

Cette bienfaisante influence de l’amour, qui rend indulsent et bon, — seulement, peut-être, parce qu'il rend indifférent, — Beyle ne la retrouvera plus qu’une seule fois dans sa vie, quand il aimera Métilde Viscontini.

Un si profond amour se suffit à soi-même ; il est pudique, respectueux, religieux. Beyle aimera toujours ainsi quand il aimera bien. Malgré la réputation détestable de ce roué, l’émule des Faublas et des Valmont, ses plus grandes passions furent chastes ; et l’on compterait dans sa vie plus d’une femme mortellement aimée, dont il n'eut pas un baiser. Aussi Mademoiselle Cubly, qui ignora toujours le plus passionné de ses admirateurs, estelle fort bien à sa place en tête de la liste où Stendhal énumère toutes celles qu'il ne peut oublier. « J’ai été constamment occupé par des amours malheureuses. J’ai aimé éperdument MIle Cubly, Mile de Grisheim, Mne de Diphortz, Métilde, et je ne les ai point eues... L'état habituel de ma vie a été celui d’amant malheureux 5...»

Mais, quand 1il aimait Virginie Cubly, 1l ne songeait même point à désirer et à souffrir. Comme il l’écrira plus tard, « le bonheur est d’aimer, bien plus que d’être aimé 4». [l connut alors ce bonheur en toute sa délicieuse plénitude.

Cette passion discrète avait pourtant ses tortures : Beyle souffrait pour la réputation de Mademoiselle Cubly, qui sans doute elle-même n’en prenait pas tant de soin. € Si quelqu'un disait la Cubly,.. j'éprouvais un sentiment de haine et d'horreur, que j'étais à peine maître de contenir 5... » Il eut « le courage... de demander si

1. Il dit encore : « Que j'étais loin de l’envie,.… et de songer aux autres de quelque façon que ce fût dans ce temps-là 1... » (H. Br., I, 273.)

2. Id., 263. — Ce dernier trait pourrait au besoin expliquer la contradiction que M. Chuquet a cru voir entre la haine puérile d'Henri Beyle pour Séraphie, et la façon presque bienveillante dont il parle d’elle quelques années plus tard.

3. I. Br. I, 3-4, 17-18. — Et Beyle reconnaît avoir « toujours été un enfant » avec toutes les femmes qu'il a aimées (20).

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