C'était le parrain du père de Stendhal
2. Il raconte (H. Br., I, 57) que, tout petit, sa « tête énorme » et « sans cheveux » le faisait ressembler au père Chérubin Beyle.
3. « Pierre Beyle mourut de Ja goutte à Claix, à l’improviste, à soixante trois ans. » (11. Br., I, 80.) Ce serait donc en 1762. Mais il faut se défier des précisions de Stendhal.
4. Elle avait « le diable au corps », dit Beyle (id., ibid.). I1 nous apprend ailleurs (Jour., 35-36) qu’elle «était un peu piquon », ce qui, à Grenoble, paraîtil, veut dire méliculeuse. Ajoutons qu’elle était née Jeanne Dupéron. (Acte de mariage de Chérubin Beyle, H. Br., II, 334.)
5. Pourtant Stendhal doit exagérer quand il nous dit que son père fut obligé
d’ «établir » ses dix sœurs. 11 n’était que le dixième enfant ; Marie-Eléonore avait dix ans de plus que lui.
couvent, et leur neveu les y put voir : Marie-Eléonore, à Sainte-Claire de Grenoble (elle ne mourut qu’en 1808) ; Marie- Victoire, dans un couvent de Vif; Marie-Françoise, à Sainte-Cécile de Grenoble (morte en 1812) ; et Marie- Rosalie, dans la même maison :. Mais Beyle ne nous parle point d'elles. A-t-il craint de nous apprendre que son enfance grandit parmi les prières et les bénédictions de quatre tantes religieuses? Les autres, Marie-Dominique, Marie-Rose, Marie-Euphrosine, et Sophie, épousèrent un rentier?, un architecte, un procureur, un notaire. Et Marie-Catherine mourut vieille fille 3.
Chérubin Beyle se trouva de bonne heure (il n’avait pas vingt ans lorsque mourut son père 4) chargé d’une tâche lourde et sérieuse. Alors plus qu'aujourd'hui ce rôle de chef de famille conférait une sorte d'autorité morale et sociale. Il y perdit, s’il les posséda jamais, les grâces et l’insouciance de la jeunesse. Il eut de bonne heure le sentiment de ses devoirs et des devoirs des autres. Cela lui donna je ne sais quoi de grave et de triste, et même d’un peu morose.
Müûri au milieu des préoccupations d’une fortune importante, — la fortune familiale, — à bien administrer, il prit l'habitude des affaires et le goût de l’avarice. « L’argent fut.…., et avec raison, la grande pensée de mon père », a écrit Stendhal 5.
4. L’une d’entre elles sans doute, une demoiselle Beyle, « ex-religieuse », enseignait pendant la Révolution. Mais on ferma son pensionnat, entre autres raisons parce qu’elle ne donnait pas à ses élèves la Déclaration des Droits de l'Homme, n’observait pas le décadi, et qu'on ne «s’honorait» pas chez elle «du titre de citoyenne. » (Arch. de Gren., LL 228.)