‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 233 sur 369 · APT, LUE · texte numérisé non relu

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Mais avant tout il fallait quitter Grenoble, devenue pour celles-ci un théâtre bien mesquin. Il semble que Chérubin ait compris lui-même que Paris seul était digne d’un jeune homme si plein d'avenir. Pourtant Beyle eut d’abord des craintes : « Mon père me donnerait-il de l’argent pour aller m’engouffrer dans la nouvelle Babylone, dans ce centre d’immoralité, à seize ans et demi ? ! » On se défiait de la capitale à Grenoble, et Chérubin tenait à la vertu de son fils.

Il se décida néanmoins, cédant peut-être aux conseils des amis et des maîtres, ou gagné par l'exemple de ses compatriotes. Le grand renom tout neuf de l'Ecole Polytechnique attirait les provinciaux ?. Il fut résolu que Beyle irait se présenter aux examinateurs #. Et Beyle partit pour Paris.

Le départ fut triste. C’était en automne. Sous les arbres dépouillés du Jardin de Ville, devant les maisons de la rue Montorge, la famille et les amis entouraient cet enfant qui s’en allait si loin, tout seul, dans une ville comme étrangère. ’

Chérubin Beyle pleurait. Si l’on en croit Stendhal, les larmes de son père ne surent lui inspirer ni tendresse ni pitié. Il le trouva laid 4 Son oncle Gagnon lui offrit de l'argent, qu’il n’accepta point, et des conseils pour réussir auprès des femmes, qu’il recueillit précieusement, et dont il ne devait faire aucun usage. Enfin son cousin Romain Colomb l’embrassa en sanglotant, et lui-même sans doute Pimita 5. Mais il ne s’en est pas souvenu.

Et Beyle, en compagnie d’un M. Rosset, à qui l’on avait confié son inexpérience, roula vers la grande ville, en

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