Jour. d'It
2. Faits en « trois heures », note-t-il avec satisfaction. Cela s'appelle { L’honneur français », je ne sais pourquoi, et ne pourra jamais être publié. (Bibl. de Gr., R 5896, carton.)
3. Du 7 au 9 juillet (Jour. d'It., 27). Depuis le 20 juin, le général Moncey avait transporté à Crémone son quartier général (Comandini, op. cil., 19).
4. De Brosses jugeait déjà avec sévérité cette ville « qui... ne tient pas ce qu’elle promet... Les rues, larges et droites, sont désertes… » (Let. du 21 juillet 1739). — Cf. Lalande et Millin. — Plus près de Beyle, le général Desaix
y trouvait, Jui aussi, la vie « bien monotone et triste ». HLiv. cit., 108-113.) 5. Jour. d’Ii., 30.
il y était devenu «républicain passionné pour la liberté 1». Il se trouvait « à Brescia lorsque la ville célébra la rentrée des patriotes que l'Autriche avait déportés aux bouches du Cattaro, et la pâleur de ces malheureux, leurs yeux hagards, leur corps amaiori faisaient un étrange contraste avec l’allégresse qui les entourait 2. »
L’on sera très suffisamment fixé sur la pitié de Beyle, ou sur son enthousiasme, en lisant son journal 3 du 10 thermidor : « Grande fête aux flambeaux pour la rentrée des patriotes détenus par les Autrichiens aux bouches du Eattaro. Concert, illumination à jour et bal. J'entends un assez bon castrat. » N’est-il point très visible que Beyle, dans ce retour des exilés, a vu surtout une occasion de se distraire 4 ?
1. Stendhal-Beyle, 57. — En vérité, Beyle était déjà républicain avant d’avoir passé le Saint-Bernard ; et l’on comprendrait mal, sans cela, qu’il le fût devenu en Italie. « Il avait vu, explique M. Chuquet, les joyeux transports des habitants délivrés du bâton autrichien,.… exprimant leur gratitude aux Français avec effusion. » Mais Beyle n’avait pu voir, et pour cause, pareil spectacle. L'eût-il vu, qu’il n’aurait pas confondu, comme on le suppose, le sentiment de l’indépendance nationale et celui de la liberté civile, On peut être patriote sans être jacobin, et la joie des Milanais, délivrés du joug autrichien par le Premier Consul, aurait-elle pu persuader Beyle qu’il faut aimer la république ?
Beyle, ajoute M. Chuquet, « avait lu les bulletins ardents de Bonaparte... Le jeune victorieux disait que « la bravoure des phalanges républicaines assurait à jamais le triomphe de l'égalité et de toutes les idées libérales. » Mais ne faut-il pas beaucoup de bonne volonté pour admettre que les paroles ou les actes de Bonaparte, en 1800, aient pu enseigner à Beyle l’amour de la liberté ou de l'égalité? Ce sont là des mots qu'il avait déjà lus ailleurs, et dans les proclamations du Premier Consul il était question plus encore du respect que l’on doit à « l’ordre », à la € propriété » et à la « religion ». Ce n’est assurément pas dans l’armée d'Italie que Beyle pouvait prendre des leçons de fraternité républicaine. Le 22 août 1801, raconte Comandini (op. cit., 23), l'avocat Branca s'étant présenté dans l’antichambre de Murat, et ayant nommé son aide de camp «citoyen officier », fut sévèrement rappelé au respect ; on l’avertit qu'aux officiers l’on disait Monsieur, et à Murat Excellence.
Si Beyle était devenu républicain en Italie, ce ne serait done que par amour de la contradiction.
2. M. Chuquet reproduit ici un passage de la Chartreuse (chap. I) ; mais il ne nous en prévient pas.