‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 38 sur 369 · H. Br · texte numérisé non relu

H. Br

4. « Mon grand-père se moquait habituellement, et gaiement, de leurs façons de parler. » (1d., 180.) Ce délicat trouvait aussi à redire à leurs manières. Il détestait les Jacobins, nous dit Beyle, « surtout comme gens mal vêtus et de mauvais ton. » ({d., 151.) En un mot, le docteur Gagnon n'était point un sansculotte.

5. « Il ne s’indignait jamais contre ce qui dépendait des autres. » (Zd., 100.) 6. I4., 188.

ment la disgräce de Necker. Sans doute, quand vint l'orage, il ne sortit plus de chez lui. Elu notable en 1790, il refusa de prêter serment, et fut rayé de la liste 2. Mais, le 10 ventôse an II, on le vit reparaître dans la vie publique, et se laisser élire « vice-président de la 5€ section, dite de Brutus 5... » Et nous savons comment il prenait, vers le même temps, la part la plus active à l’organisation de l’école révolutionnaire.

Beyle à bien prétendu qu'Henri Gagnon, sous la Terreur, avait été mis sur la liste des « simplement suspects ». Mais nous avons cette liste, et Henri Gagnon ne s’y trouve pas 4.

La vérité est seulement que cet homme d’esprit détestait tous les fanatismes. Il était fort tolérant. Il reconnaissait un jour avec son petit-fils que pendre deux ministres protestants ou guillotiner deux prêtres catholiques, cela se valait.

S1 le docteur Gagnon avait l’âme tolérante, c’est peutêtre qu'il ne croyait guère. « Mon grand-père... prenait la religion fort gaiement », a dit Stendhal 5. Il se moquait beaucoup qu’on enseignât à son petit-fils le système de Ptolémée, comme « approuvé par l'Eglise ». Il était voltairien. Jadis il avait fait un pélerinage à Ferney, et Voltaire l’avait reçu « avec distinction ». Ce sont des souvenirs que l’on n'oublie pas. Aussi conservait-il chez lui © un petit buste de Voltaire, gros comme le

4. «.… un ministre éclairé, qui, jusques dans sa retraite, est encore utile à la nation, par les lumières qu’il a répandues sur toutes les parties de l’administration. » (Discours précité, du 2 mai 1787.)

2. Délibération du corps municipal, 12 mars 1790 : arch. de la ville de Grenoble, LL 1.

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