‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 37 sur 369 · On le verra cité dans une autre partie de cette étude · texte numérisé non relu

On le verra cité dans une autre partie de cette étude

3. « Quelquefois, en passant dans la Grande-Rue, il entrait dans la boutique de celui-ci et lui parlait de son fils. Le vieux marchand de drap, qui... ne songeait qu’à l’utile, voyait avec un chagrin mortel ce fils perdre son temps à lire. » (4. Br., I, 68.)

4. «.. je pense que la mère de l’immortel Barnave, qui le voyait avec peine négliger les procès pour Mably et Montesquieu, était calmée par mon grandpère. » (Id., 69-70.)

5. Je ne voudrais pas cependant adoucir à l'excès les traits de cet honnête homme, qui n’était point un bon homme. Le docteur Gagnon tempérait sa philanthropie de sécheresse ou de scepticisme. Et il avait, au dire de son petit fils, la vanité susceptible et les rancunes tenaces d’un lettré de province.

6. Il avait jusque-là joué son rôle dans tous les événements précurseurs de la Révolution : « Il assista, dit C. Stryienski (Not., 10), sept jours après la Journée des Tuiles, à la délibération... dans laquelle les consuls, les membres du clergé et de la noblesse, les avocats, les médecins, les procureurs au Parlement, etc., décidèrent qu’il était urgent d'adresser de nouvelles représentations. « à Sa Majesté pour obtenir de sa justice la conservation des privilèges de la province, etc... » — Il signa la lettre des citoyens notables de Grenoble, adressée au roi le 2 juillet 1788 ; et enfin, le 21 juillet, il est présent à l’assemblée de Vizille et fait partie du groupe des dix députés choisis par les membres du Tiers-Etat de la ville de Grenoble... »

AH Br 1160:

Le fait est que, choisi comme délégué à l'assemblée de Romans !, (Stendhal se souvenait de l'avoir vu partir, par « un froid à pierre fendre », un des derniers jours de décembre 1788), il déclina tout autre mandat. Mais ül « fit nommer un député ou deux... » Il « n’oubliait pas le service qu’il leur avait rendu et les suivait des yeux dans l'assemblée, où il blâmait leur énergie ?. »

Car ce bourgeois qui fréquentait la noblesse, ce lettré sceptique et désenchanté, n’avait rien d’un jacobin. Ces audacieux lui paraissaient redoutables et naïfs. € Il était alors, dit Stendhal, patriote fort considéré, mais des plus modérés ?. »

S'il s’étonnait des audaces de la Constituante, la Convention le scandalisa et lui fit peur. Elle lui fit peine aussi, car c’était une bonne âme, et il s’affligea de la mort de Louis XVI. Puis la finesse de son goût, et son bon sens, l'inclinaient à trouver ridicule l’éloquence des révolutionnaires 4. Il souriait et tremblait ; pourtant il ne s’indignait pas ; ce n’était point sa façon 5. Il s’abstenait, lisait Horace, et se chauffait les jambes au soleil, sur sa terrasse, en prenant « son excellent café 6 ».

Beyle s’est pourtant exagéré, à distance, l’aversion du vieillard pour le gouvernement nouveau. A lire Henri Brulard, on prendrait le docteur Gagnon pour un aristocrate morose. Ce libre esprit n’avait point si grande peur des nouveautés. En 1787, il faisait de l’opposition au gouvernement de Louis XVI, en regrettant publique-

4. Au commencement de décembre 1788, le président de l'assemblée de Romans avait invité le Tiers-Etat de Grenoble a nommer trois nouveaux délégués pour l'élection des députés aux Etats-Généraux. Le 19 décembre eut lieu l'élection, et Henri Gagnon fut l’un des trois élus. (Cf. Prudhomme, ou. cit., 595-596.)

SH Br, A 60!

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