Id
4. Nous le savons maintenant de source sûre : Beyle déjà l'avait supposé : { Peut-être M. Raïllanne fut-il obligé de se cacher pour refus du serment à la Constitution civile du clergé. Quoi qu’il en soit, son éloignement fut pour moi le plus grand événement possible, et je n’en ai pas de souvenir. » (Id., 120.)
hberté !, malgré « sa poitrine délicate », il s’en alla catéchiser les montagnes, qui n'avaient plus de pasteurs. Il y montra un zèle merveilleux. Ses amis l’admiraient, car il € essuyait persécution », 1l « passait trois jours et trois nuits au fond d’une vieille citerne sans eau »; prêt à tous les héroïsmes, 1l était vraiment un « apôtre ?».
L'abbé Raillanne faisait en revanche le désespoir de la police jacobine : « missionnaire turbulent », il répandait avec un succès funeste les « maximes contre-révolutionnaires »; les arbres de la hberté tombaient sur son passage ; c'était un fanatique dangereux.
Mais, adroit et subtil, « sous les déguisements les plus variés 3 », 1l échappait toujours aux gendarmes. On le condamna vainement à la déportation f.
Stendhal a tout ignoré de ces aventures. En 1816 seulement, il demanda des nouvelles de l’abbé Raillanne à «M. le Premier Président de Barral, l’homme le plus indulgent et le mieux élevé. »
« Ce Dumolard, disait M. le Premier Président, est un des plus fieffés coquins de la troupe.
— Et M. Raillanne?.…
— Oh! le Raïllanne les passe tous. Comment M. votre père avait-il pu choisir un tel homme 5 ? »
Il était alors chef d’une institution à la Tronche. Dès le Consulat, il avait fondé à Grenoble un pensionnat florissant, transformé par décret en école secondaire. L’abbé Raillanne était devenu fonctionnaire.
Ce petit homme maigre avait une fibre robuste. Il faillit enterrer Beyle, et ne mourut qu’en 1840, à l’âge de 84 ans 6. Il était donc encore très vivace, quand Stend-