‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 78 sur 369 · Id · texte numérisé non relu

Id

3. Le nom de Lambert n'apparaît nulle part ailleurs que dans Henri Brulard. Si l’on en croyait M. Paupe, c’est du domestique Lambert qu'il s'agirait dans une lettre à Pauline (Corr., 1, 217). La simple lecture du texte rend cette interprétation inacceptable.

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5. H. Br., I, 170-171. — « Je pourrais remplir encore cinq ou six pages de souvenirs clairs qui me restent de cette grande douleur », écrit-il quarante ans après. Et 1l se plait à raconter quelques détails, qui ne peuvent intéresser que lui : « La chambre du pauvre Lambert était située sur le grand escalier, à côté de l'armoire aux liqueurs... »

C’est qu’en vérité jamais peut-être Stendhal n’aimera plus aucun de ses amis, ni aucune de ses amies, comme il a aimé Lambert, domestique du docteur Gagnon. Pour qui retrouvera-t-il donc une tendresse si admirative et si humble 1, — celle de saint Jean pour son Dieu, — un dévouement si plein d’abnégation ? Plus tard 1l sera égoïste comme un amoureux, et comme un dilettante de l’amour. Il n’aura plus jamais cet enthousiasme irréfléchi, ce délicieux oubli de soi, que seules connaissent les premières passions.

Aussi, quand il a achevé de raconter la mort de son ami, son imagination attendrie lui rappelle invinciblement les seules émotions qui se puissent comparer à celle-là. Et le souvenir du valet de chambre Lambert s’unit à la mémoire des mortes qu’il a le plus aimées.

« Qui se souvient de Lambert aujourd’hui, autre que le cœur de son ami ?

J'irai plus loin, qui se souvient d’Alexandrine ?, morte en janvier 1815, 1l y a vingt ans?

Qui se souvient de Métilde, morte en 1825 ? Ne sontelles pas à moi, moi qui les aime mieux que tout le reste du monde? Moi qui pense passionnément à elles dix fois la semaine, et souvent deux heures de suite 3 ? »

« Souvent triste à cause de ses passions du moment qui allaient ma}, il adorait la gaieté. »

(H. Br., II, 321.)

Les âmes sensibles sont généralement plus à leur aise dans la tristesse que dans la joie. Elles trouvent à la mélancolie une amertume délicieuse. Le plaisir de s’apitoyer

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