‹ La Jeunesse de Stendhal (volume 4)Chapitre 92 sur 369 · H. Br · texte numérisé non relu

H. Br

3. €... Cette idée... avait d'immenses avantages. D'abord, j'allais seul rue des Vieux-Jésuites, à deux cents pas de la maison Gagnon. » (1d., 208.)

brodé par [sa]... pauvre mère », 1l retrouvait la mémoire de la morte. Il put enfin, en cet asile, « travailler avec plaisir », « à l'abri des incursions de Séraphie 1 ».

C’est là que pour la première fois, libre des impressions de haine et d’amertume qui l’offusquaient habituellement, maître de ses actions, tout apaisé enfin par des souvenirs de tendresse et de mélancolie, Henri Beyle connut un peu de bonheur solitaire : (« Après quatre ou cinq ans du plus profond et du plus plat malheur, je respirai seulement alors, quand je me vis seul et fermé à clef dans l’appartement de la rue des Vieux-Jésuites 2... »

Ainsi s’usait, dans le relâchement et les défaites partielles, l’étroite discipline imposée par Séraphie et Chérubin Beyle. Séraphie mourut. Avec elle la « tyrannie » sembla perdre la force de passion qu’elle y mettait. Ce fut la fin du système 3%. En même temps Beyle entrait à l'Ecole centrale, et toute une vie nouvelle allait commencer pour lui.

Mais déjà, au temps de son éducation familiale, Beyle s’est formé maintes idées personnelles, idées précoces et tenaces qui formeront les racines de sa pensée d'homme. Il a regardé, écouté, réfléchi, il a lu.

4. «.… qui, chez mon grand-père, venait, quand elle avait le diable au corps plus qu’à l’ordinaire, visiter mes livres et fourrager mes papiers. »

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3. Il faut reconnaître, avant de n’en plus parler, que ce système, présenté par Beyle comme une insupportable servitude, était beaucoup plus strict dans la théorie que dans la pratique. Chérubin et Séraphie avaient la ferme volonté d’être sévères. Mais, en fait, les engouements successifs de l’un, les nervosités de l’autre, vinrent les distraire tous deux de leur tâche. Beyle, plus tracassé, plus gourmandé et sermonné que la plupart des enfants, fut peut-être aussi plus libre. Tout au moins, dès qu’il a quinze ans, le voyons-nous vagabonder en pleine indépendance.

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