‹ La jeunesse de StendhalChapitre 109 sur 288 · if..Br · texte numérisé non relu

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toute expérience. Florus et Tite-Live nous ont raconté des batailles célèbres, et à huit ans quelle idée ne se fait-on pas d'une bataille ! C'est alors que l'imagination est fantastique, et les images qu'elle trace immenses^... » Il faut donc croire que parfois, entre deux versions, la fantaisie du petit écolier évoquait en s' émerveillant les histoires héroïques de ces vieux Romains ^ qui, avant les guerres de la Révolution, avant Bonaparte, avant les bandits italiens, donnèrent à Stendhal ses premières leçons d'énergie ^.

Les poètes achevèrent de le convaincre que le latin pouvait avoir ses voluptés. Quand, « au lieu des horreurs sombres de l'Ancien Testament «, on lui fit expliquer les Métamorphoses d'Ovide, — malgré Séraphie, que ce païen scandalisait, — l'enfant précoce ne lut pas sans plaisir « les amours de Pyrame et de Thisbé, et surtout Daphné changée en laurier ». Aux premières curiosités de l'adolescence, peu de chose suffit. Comme Racine dans Théagène et Chariclée, Beyle trouva dans Ovide des images troublantes, et un demi-siècle plus tard il se rappelait encore « la couleur jaune ou racine de buis » de ce livre révélateur*.

Quant à Virgile, qui sera en d'autres temps l'un de ses poètes préférés, Virgile qu'il aimera pour sa mélancolie et sa tendresse, Virgile dont il possédera, dans sa bibliothèque de Cività-Vecchia, un exemplaire annoté de sa main ^, il semble que, durant ces années d'enfance, Beyle

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