LA RELIGION
Pourtant on se ferait une image Lien fausse de ce garçon si éveillé, en se le figurant perdu toujours en de molles langueurs. Il rêve, il ne rêvasse pas. C'est volontairement, avec une sorte de fureur rageuse, qu'il se jette à ces visions d'héroïsme et d'amour ; par haine des platitudes qui le touchent, il s'enivre de romantisme. Mais cela ne l'empêche point de jeter autour de lui de vifs coups d'oeil. Il sait voir ; il ne se gêne pas pour juger.
Aussi de très bonne heure s'est-il fait quelques idées bien à lui, sur toutes choses, et en particulier sur les deux grandes questions qui passionnaient alors plus que jamais toute la France, et venaient mettre le trouble jusque dans sa famille, la religion et la politique.
Si l'on en croit Beyle, la question religieuse se serait posée à lui quand il avait quatre ans. Si précoce qu'on le suppose, c'est être bien tôt philosophe.
On se rappelle peut-être ^ que Séraphie, « la dévote la plus en crédit de la ville », l'avait injustement grondé pour avoir laissé tomber un couteau dans la rue. Il se révolta : « De cette époque date mon horreur pour la relîo-ion, horreur que ma raison a pu à grand'peine réduire à de