‹ La jeunesse de StendhalChapitre 145 sur 288 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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justes dimensions, et cela tout nouvellement, il n'y a pas six ans ^. »

Que Beyle, au sortir du berceau, ait eu suffisamment le sens de l'enchaînement des causes pour reconnaître dans l'injustice de Sérapliie une conséquence de son bigotisme, c'est ce que nous aurons peine à croire. Mais retenons précieusement l'essentiel de son aveu ; il est d'une vérité profonde : l'irréligion de Beyle gardera toujours une violence puérile, parce que son origine, c'est la haine d'un enfant. Beyle demeurera toute sa vie anticlérical, pour avoir, très petit, gagné un grand dégoût des bigots et des prêtres, à trop fréquenter l'abbé Raillanne, Séraphie et Chérubin. Son impiété sera furieuse et excessive comme son aversion pour ceux qui la lui avaient inspirée. Elle restera un sentiment bien plus encore qu'une conviction logique. Et c'est après coup. — ■ ainsi font d'habitude incroyants ou croyants, — qu'il découvrira les arguments péremptoires d'iuie incrédulité, qui s'était formée sans eux.

Une fois de plus les impressions enfantines de Beyle, et ses plus puérils préjugés, nous apparaissent comme la racine profonde et indestructible de sa pensée d'homme.

On pourrait supposer, il est vrai, que Stendhal prête à son enfance l'irréligion de son âge mûr ^. Je n'en crois rien. Une impiété précoce n'est en soi ni invraisemblable ni rare. Celle de Beyle s'explique par tout ce que nous savons de ses premières années. Et, inversement, le genre d'incroyance que nous lui voyons dans sa maturité n'est compréhensible (jue si nous pouvons y reconnaître la persistance de ses préjugés enfantins.

Que Beyle d'ailleurs systématise à l'excès et simplifie trop son irréligion naissante, on peut le croire. Il est ])robable que, dans sa cervelle d'enfant, des sentiments contradictoires se mêlèrent longtemps, qu'il resta d'abord croyant avec beaucoup d'impiétés, qu'il détesta les

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