H.Br., I, 86-87. Cf. plue haut, p
3. «... la République, c'est-à-dire le gouvernement de la patrie... » (H. Br., 1, 133.)
4. «... or, mes parents les exécraient », ajoute-t-il [id., 113). Nouvelle ralsoa pour lui de les aimer, — si le fait est exact, ce dont peut-être il faut douter.
sur la place ces bataillons multicolores, qui sans cesse traversaient Grenoble pour s'en aller combattre et mourir dans des pays où se perdait son imagination d'enfant. « J'aimais tendrement nos régiments, que je voyais passer., de la fenêtre de mon grand-père, je me figurais que le roi cherchait à les faire battre par les Autrichiens ^. » Cette naïve conception des événements vint fortifier les principes politiques d'Henri Beyle. Son cœur pouvait-il hésiter, entre ce roi lointain, falot, perfide par surcroît, et ces beaux soldats dont le pas cadencé sonnait sur la place Grenette, tandis que leurs tambours faisaient trembler les vitres où Beyle collait ses yeux ardents ?
Grâce à ces tableaux guerriers, et aux enivrantes rêveries qu'ils lui inspiraient, Henri Beyle éprouvait chaque jour davantage cet enthousiasme patriotique, qui , à travers son cosmopolitisme , reparaîtra en flammes brèves jusqu'à la fin de sa vie : enthousiasme d'imagination surtout, qui ne fera point de Beyle un héros, car il semblait destiné à admirer toujours, de sa fenêtre, l'héroïsme d'autrui.
Du moins, en ce temps-là, quand il se sentait dans le cœur des velléités sublimes, il pouvait espérer qu'il deviendrait un jour l'émule glorieux de tous ces conquérants. N'était-il pas tout prêt aux plus nobles sacrifices? « Je regardais alors, en vertu d'un couplet de chanson que je chantais quand je ne craignais pas d'être entendu par mon père ou ma tante Séraphie, qu'il était de devoir étroit de mourir pour la patrie ^... »
Ses jeux inêmes étaient héroïques, comme il le raconte dans ce passage d^Henri Brulard ^ : « J'avais fait et cousu ^ un petit drapeau tricolore que je promenais seul en triomphe dans les pièces non habitées de notre grand