Prudhomme, oui', cit
-, On peut imaginer l'inquiétude de cet homme paisible, quand des aventures comme celle-ci lui advenaient : « Depuis 1791, une association politique, connue d'abord sous le nom de Cardinaux, puis sous celui de Bonnets rouges, s'était formée parmi les peigneurs de chanvre du faubourg Très-Cloître... En août 1791, les Cardinaux, trouvant que les riches bourgeois de la Grande- Rue [où habitait le docteur Gagnon] ne montraient pas assez de générosité dans les souscriptions patriotiques, leur envoyèrent une adresse où la menace se cachait sous la raillerie. Il y était dit que les « Citoyens-Cardinaux, qui n'ont que des bras nerveux », se rendraient prochainement dans les maisons de « leurs concitoyens opulents », pour recueillir leur offrande. » (Prud., 029.)
y. Prud., 625-626.
phrygien ^. La place Grenette s'appela dès lors place de la Liberté 2.
Le 15 août 1792, on vit se réunir sous les fenêtres du docteur les quatre bataillons de la garde nationale, et 200 volontaires sortir des rangs pour aller à la frontière ^. Le petit Henri Beyle dut sentir ce jour-là s'exalter son patriotisme.
Mais il était peut-être couché quand, le 24 août, à 9 heures du soir, on célébra sur la place une fête funèbre « en l'honneur des victimes de la tyrannie immolées près de la caverne dvi monstre des Tuileries. »
Et les images guerrières, solennelles, ou joyeuses, vont se multipliant : la place Grenette est un champ de Mars, une salle de banquet, une église de la religion nouvelle.
Voici Kellermann, général en chef de l'armée des Alpes, que Beyle y voit passer le 4 février 1793. Les volontaires «t les gardes nationaux s'y exercent de compagnie ^, car on met la ville en état de défense, et Grenoble se prépare à faire le coup de feu sur ses murs. C'est alors ■que les ennemis du peuple sont conduits en prison, et que le père de Beyle, « notoirement suspect », doit se cacher dans la maison de la place Grenette. Mais Henri Beyle, républicain et patriote, trouve que c'est justice ^.
Le 14 juillet 1793, au pied de l'arbre de la Liberté, il voit promulguer la constitution de l'an II : discours, banquet, danses et illuminations. Et le 10 août, pour la fédération des gardes nationales de toutes les communes, la déesse de la Liberté se dresse sur un autel, et l'on