Brutus mettant à mort ses propres fils
3. //. Br., I, 180, 129. — " ... traîtres à la patrie... 11 n'y avait pas en 1795 €til n'y a pas à mes yeux, en 1835, de crime seulement co»î/)ara6/e. » {Id., 186-7.)
4. Après avoir décrit sa joie à la mort de Louis XVI : «... à moins d'un devoir impérieux rien ne pourrait me déterminer à voir le traître que l'intérêt de la {latrie envoie au suijplicc, » {Id., 128.)
donc jamais cruel. Mais il était passionné, et mettait au service de sa passion une énergie furibonde et une rigoureuse logique. Il n'en fallait pas plus pour se réjouir virilement à la mort de Louis XVI.
Cette logique, cette passion, cette apparente cruauté, nous les retrouvons dans une autre scène ^ que Beyle a seulement le tort de nous détailler avec trop de fierté :
« Je travaillais... près de la seconde fenêtre du grand salon à l'italienne, je traduisais... Virgile ou les Métamorphoses d'Ovide ^, quand un sombre murmure d'un peuple immense, rassemblé sur la place Grenette, m'apprit qu'on venait de guillotiner deux prêtres ^...
Voici un de mes grands torts : ... cette mort, qui glaçait d'horreur mon grand-père, qui rendait Séraphie furibonde, qui redoublait le silence hautain et espagnol de ma tante Elisabeth, me fit plcasurc. Voilà le grand mot écrit... »
A son confesseur, qui voulait apitoyer l'enfant, Beyle aurait répondu : « Mon bon papa... m'a dit qu'il y a vingt ans on pendit à la même place deux ministres protestants... L'^ Parlement condamna les deux premiers pour leur religion, le tribunal criminel * vient de condamner ceux-ci pour avoir trahi la patrie^... »
De tels récits achèvent de nous révéler le jacobinisme d'Henri Beyle. Cette haine de la tyrannie, ce patriotisme héroïque et furieux, apparaissent de bonne heure dans son âme d'enfant ^. Xous les retrouverons, aussi exaltés,