H. Br., I
4. On retrouvera les mêmes théories inflexibles dans les Souv. d'Egot., 49.
fus si transporté de ce grand acte de justice nationale que je ne pus pas continuer la lecture de mon roman,.. Je fermai les yeux pour pouvoir goûter en paix ce grand événement ^...»
Malgré quelque affectation, cet enthousiasme féroce s'insère trop parfaitement dans le mécanisme de sa vie psychologique, pour que nous puissions n'en pas croire Beyle. Faut-il donc nous indigner ?
Je n'ai pas grand souci de défendre Beyle. Mais enfin î'àpre plaisir d'une juste vengeance n'est point de la cruauté. Une fois de plus Beyle paraît méchant, parce qu'il est en effet trop sensible. Cette joie funèbre d'un enfant de dix ans n'est, à la bien prendre, qu'un aspect de son exaltation patriotique.
Aussi bien Beyle partageait-il ce patriotisme sanguinaire avec la plupart de ses contemporains. Comme eux, il s'était fait une âme romaine, une de ces âmes que l'on admire traditionnellement dans Tite-Live ^ ou dans Corneille, et que l'on ne peut souiîrir dans la vie réelle : <f J'étais rempli, nous dit-il, des héros de l'histoire romaine. » — « Tous les ménagements, quand il s'agit de la patrie, me semblent encore puérils ^. >>
Enfin ai-je besoin de rappeler que Beyle avait dix ans, et que les enfants, faute d'avoir expérimenté la souffrance, ne conçoivent pas celle des autres ? Beyle sera d'ailleurs, nous le savons, pitoyable à l'excès *. Il ne connaîtra jamais le goût morbide de ses contemporains les romantiques pour de belles et rares tortures. Il n'aura point davantage la vulgaire curiosité des spectacles sanglants. Ce soldat de la Grande Armée se sentira le cœur serré devant les cadavres des champs de bataille. Beyle ne fut
1. //. Br., l, 127-129. 11 dit ciu'orc : » .li- [.(mirais remplir dix pages des détails de celte soirée... »