Stendhal-Beijle
4. M. Marcel Braunschvig [L'Abbé Dubos Rénoualeur de la Critique au JU'III" siècle, 49-54) énumère ceux qui, avant Dubos, étudièrent l'inl'luence
L'abbé Diibos se posait avant lui cette question : d'où vient que le génie artistique n'apparaît que dans certains pays, certains moments, et certains hommes ? Et il y faisait des réponses que Stendhal n'hésitera point à s'approprier.
La première semble proposée par un disciple de Cabanis : « ... Lorsque la qualité du sang est jointe avec l'heureuse disposition des organes [du cerveau], ce concours favorable forme, à ce que je m'imagine, le génie poétique ou pittoresque ^... » Ces combinaisons réifssies de la matière doivent être favorisées par les influences physiques ; c'est donc le climat qui déterminera l'éclosion des grands peintres : « Les Arts naissent d'eux-mêmes sous les climats qui leur sont propres "... » « La Peinture et la Poésie ne sont point approchées du pôle plus près que la hauteur de la Hollande... » Pourtant « il semble que la Poésie ne craigne pas le froid autant que la Peinture... » Mais « les Italiens seront toujours plus propres à réussir en Peinture et en Poésie que les peuples des environs de la mer Baltique ^. »
Après l'abbé Dubos, Stendhal redira ces théories et conclura que « l'expression dans les arts devait... naître au midi^. » Dira-t-on qu'une telle ressemblance est fortuite? Mais ce n'est pas moins de sept chapitres et 180 pages que Dubos consacre aux seules causes physiques du
du climat, depuis Hippocrate jusqu'à Fénclon et Fonlenelle ; il cite après lui Montesquieu et Taine, mais il oublie Stendhal.
D'ailleurs Dubos lui-même ne donne aucunement comme nouvelles ces théories dont notre seule ignorance fait honneur au xix^ siècle et à Stendhal. Il prétend simplement perfectionner des idées courantes déjà en 1719, et que tout le XVIII* siècle continuera de discuter après lui.
1. II, 14-17. — On trouverait, dans le livre XIV de VEspril des Loix, bien des théories aussi matérialistes. Mais IMontesquieu, qui avait lu Dubos, peut passer ici pour un imitateur.