‹ La jeunesse de StendhalChapitre 263 sur 288 · Br., I · texte numérisé non relu

Br., I

5. C'est à la vérité une façon de parler ; il conviendrait de dire : durant delouffs mois...

beauté des caractères » le « choqua ; ce n'étaient plus ceux qui avaient imprimé le nom de Cubly ^. »

Virginie Cubly fixera même tout d'abord les préférences artistiques d'Henri Beyle. Sa grâce délicate lui semblera l'idéal de toute beauté. Tant que la majestueuse figure d'Angela Pietragrua n'aura point chassé l'image de la jeune actrice, il ne trouvera de son goût que les tableaux et les statues où il pourra reconnaître les traits de Ma:demoiselle Cubly. Et il ne changera d'esthétique «jue lorsqu'il aura changé d'amour 2.

Enfin, quarante ans plus tard, un jour qu'il rêvait « à la vie dans le chemin solitaire au-dessus du lac d'Albano », il retrouva le nom et le souvenir de celle qui lui avait appris la brûlante douceur d'aimer. Les initiales de Virginie Cubly furent les premières qu'il dessina sur l'antique poussière des monts Albains, avec la mélancolie d'un vieillard qui se rappelle ses anciennes maîtresses ^. Si « la plupart de ces êtres charmants » ne l'avaient point « honoré de leurs bontés », il ne leur en voulait nullement. Et sans doute Virginie Cubly avait plus fait pour Beyle que de lui accorder les faveurs apparemment prodiguées à bien d'autres, si elle avait révélé la première à cet éternel amoureux que l'amour est « une chose sérieuse et terrible *. »

1. Id., ibid. — En vertu de cette contagion amoureuse, ie nom d'actrice luimême devint « sacré » pour Beyle, et cela ne fut point sans influence sur la suite de sa vie amoureuse. Cf. II, 194.

2. Il écrit en 1811, dans son Journal d'Italie (215) : " Il y a douze ans que l'air de l'Italie, du tombeau d'Alfieri, par Canova, m'aurait rebuté ; je... demandais aux arts, sans m'en douter, des figures dans le genre de celle de made moiselle Cubly. Une petite figure à grâces françaises et maniérées me ferait mal au cœur aujourd'hui. »

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