‹ La jeunesse de StendhalChapitre 68 sur 288 · La comtesse de Noailles a chanté ce paysage dauphinois · texte numérisé non relu

La comtesse de Noailles a chanté ce paysage dauphinois

« Comme l'aspect est calme et sage, La montagne de Sassenage Laisse couler dans le soir frais L'odeur du ciel et des forêts.

{Les Eblouissements, la Ville de Stendhal.)

émotion ^ ». Il aimait déjà la mélancolie des soirs qui tombent, à la musique des campaniles ^.

Alors le vieillard et l'enfant levaient la tête vers les astres qui commençaient à scintiller au-dessus d'eux. Et ils bavardaient longuement de ces objets lointains, mystérieux, et jolis ^. Science et poésie se mêlaient dans les discours de ce Fontenelle, qui savait parler à un petit garçon.

Quant à Chérubin Beyle, « peu sensible à la beauté des étoiles », il « disait qu'il s'enrhumait », et allait causer dans la pièce voisine avec Séraphie.

C'est là que se passèrent les heures les plus douces de cette enfance batailleuse et triste. Parmi les personnages muets que sont les choses autovir d'une âme puérile, cette terrasse millénaire et la vue qui s'ouvrait devant elle, ce jardin, ces montagnes, et ce ciel du Dauphiné, jouèrent en quelque façon le premier rôle. De telles images, qui donnaient au jjetit Beyle le goût de la contemplation et l'habitude de la rêverie, lui apportaient chaque jour leur fraîcheur et leur apaisement. On va voir qu'il en avait besoin.

Page 1