ACTE II, TABLEAU II
vendre, à échanger? (Blavigny se bloltü derrière le paravent ^ que Reboussin déploie anesilôl.)
REnoussiN, continuant.
Des emplettes à faire/... une vieille défroque à mettre au rebut? {Blavigny lui jette son chapeau par-dessus le paravent.)
Oh ! ceci il y aurait conscience à le garder... C'est luisant et vieux comme une g luttière... depuis le temps qu’il pleut dessus. {Blavigny jette son habit ) Un habit à basques croisées et flottantes , plissé dans le dos, collant aux manches... {Blavigny jette sa cravate.) Une corde à puits, rouge et plate, avec une rosette... {Même jeu.) Un pantalon qui fut bronze, peut-être gris , peut-être marron... qui n’est plus qu’étroit, passé k l’c'tat de fontes de pistolet. {Même jeu.) Des bottes parfailement cirées... sans semelles... le tout, trois francs 1 {Le Chevalier Paul frappé à sa porte.)
RF.BOüssiN, y courant.
Je suis à vous, nol’ bourgeis ; quelque chose de plus simple, c’est entendu... (Blavigny frappe à son tour. — Reboussin, allan\ au paravant. ) Je sais quelque chose de mieux, ça ne sera pas difficile. {Jl cherche autour de lui. — Le chevalier Paul frappe de nouveau. — F courant et entr’ouvrant la porte.) Une chaussure. (71 cherche un moment des yeux dans la boutique, puis lui repassant les bottes de Blavigny.) l‘ronez-moi ça... des bottes sans façons à la housarde... pour tous les jours... mettez-lesavec précautions pour ne pas les abîmer. {Blavigny frappe. — Il court et lui repasse les bottes du Chevalier.) Des bottes vernies... ce qu’il qu’il y a du mieux... h votre pied. (.Allant au Chevalier.) Un pantalUn i n traîne indestructible... gris Marengo... avec sa cravate. ( Courant à Blavigny. ) Faux col, pantalon cachemire.
{Mu' Chevalier.) Un gilet beurre fondu k mettre sous un habit qui boutonne, habit de cheval négligé. {Il jette ces deux objets au chevalier et court à Blavigny.) Habit dernier genre... gilet ée soirée.
LE CHEVALIER PAUL, pussunt la tête.
Mais il y a un mouchoir dans cette poche.
BLAVIGNY, passant la sienne au-dessus du paravant.
Celte cravate est encore chaude. {Ils s’aperçoivent et se retirent virement.)
LE CHEVALIER PAUL, d Beboussin, à voix basse.
11 y a donc quelqu’un là?
REBOUSSIN, lui passant le chapeau du vicomte.
Voilà le castor qui va avec.
BLAVIGNY, même jeu.
Je croyais être seul.
REBOUSsm, montmt sur une chaise et le coiffant du chapeau du
chevalier.
Un chapeau tout ce qu’il y a do mieux. Je crois qu’à présent il ne vous manque rien. [Le vicomte et le chevalier sortent tout habillés et se mettent à rire après s’être considérés pendant quelques instants.)
REBOUSSiN, à Blavigny.
Vous me devez cent vingt francs. ♦
BLAViGNT, payant et trouvant dans sa poche une carte.
Le chevalier Paul.
. REBOOSSIN, à Paul.
Voilà vingt-cinq francs.
LE CHEVALIER PAUL, mettant Vargent dans sa poche et y trouvant
une carte.
Le vicomte de Blavigny. [Jls se saluent.) Vous portez la taille un peu longue, monsieur... du reste, comme le duc de Berry.
BLAVIGNY.
Vous avez quelques cors au pied gauche, je le sens... du reste, comme le duc d’Augoulême... Passez donc, monsieur.
LE chevalier PAUL.
Après vous, vicomte... [Ils sortent.)
REBOLSSIN, seul.
Cent francs de gagné... Je vas fermer la boutique.
TROISIÈME TABLEAÜ.
Chez de Sainte-Hildegonde. — Boudoir brillamment éclairé, entièrement tendu en étoffe de Perse. Portières. Large divan, meubles pareils h la tenture, tapis assorti. — Cheminée au fond. — Pendules, flambeaux, ( Candélabres en vieux Sèvres ainsi que les coupes et les vases. — Fleurs dans la cheminée. — Portières relevées à toutes les portes. — A droite, au premier plan, une porte conduisant à la chambre à coucher de M*"* de Sainte-Hildegonde. Du même c6té, dans le pan coupé, une porte de dégagement, — A gauche, au premier plan, autre porte. — Au second, une tabla à jeu parallèle. — Plus loin, dans le pan coupé, la baie d'une porte dont les battants ont été ôtés. — Les portières relevées laissent apercevoir l’entrée d’un salon étincelant de l'éclat des bougies.