I.B CHEVALIER
Je comprends à fond votre affaire, mais...
BLAVIGNT.
Vous ne la comprenez pas.
LE CHEVALIER
La preuve que je la comprends, c’est que vous comptez sur les extinctions successives des actionnaires par le fait de l’âge, par l'action du temps.
BLAVIGNT.
Vous ne la comprenez pas du tout. L’âge! le temps! nous n’en finirions jamais; et il faut en finir.
LE CHEVALIER
Parfaitement. Mais qui nous répond que nous resterons les derniers pour loucher 1e million ?
BLAVIGNT.
Chevalier, quand vous jouez, et que les atouts ne vous vicn- . nentpas?
LE CHEVALIER
Je les fais venir.
BLAVIGNT.
Voilà mon affaire!
LE CHEVALIER
Diable! mais si je vous comprends... Permettez... comparaison pour comparaison : Je suppose que vous alliez à la chasse avec un des neuf, vous reviendriez seul?
' BLAVIGNT.
Atout! reste à huit.
LE CHEVALIER
J’ai compris. Les neuf souscripteurs étant...
, BLAVIGNT.
Éteints.
LE CHEVALIER
Nous partageons!
BLAVIGNT.
C’est convenu.
LE CHEVALIER
Pas d’écrit entre nous?
BLAVIGNT.
A quoi bon?
LE CHEVALIER
C’est juste. Si jamais j’osais vous troîtt’;'®»’, vous trahir, vous me traiteriez...
BLAVIGST.
Comme un actionnaire à cent raille francs, voilà tout. Faites votre jeul(jW^m«tt sonne.)