‹ La jeunesse doree drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 43 sur 100 · V LA JEUNESSE DOREE · texte numérisé non relu

V LA JEUNESSE DOREE

et la vengeance! mais il fallait d’abord lui rendre ces dix mille francs perdus contre lui aux courses de Satory. La dette d’argent d’abord, la dette du sang ensuite. A cette heure, la dette d’argent est acquittée : je suis tranquille. J’ai remis b Blavigny un mandat de dix mille francs sur le banquier Dcsiandes. L’autre dette, c’est Grandchamp qui la payera demain.

MARTHE

Jules, vous l’avez voulu, je quitterai aujourd’hui môme l’atelier : je travaillerai chez moi à l’avenir : je dois vous rassurer contre le retour du danger que je viens de courir; mais, de votre côté, promettez-moi... jurez-moi de ne pas vous battre avec cet homme. Si vous succombiez, que deviendrais-je?

JULES, distrait, à lui-même.

Blavigny , que j’ai choisi pour témoin, doit avoir déjb vu Grandchamp, et Blavigny est un de ces hommes avec lesquels une affaire ne s’arrange pas. {Haut.) Je vous ai ménagé une puissante protection.

MARTHE

Mais c’est de votre protection, mon ami, que j’ai besoin ; que me fait celle des autres ?

JULES, toujours distrait.

Dès ce matin vous avez été recommandée par moi à la baronne de Morval ; elle connaît votre adresse.

MARTHE

O Jules! ni votre esprit ni votre cœur ne sont avec moi. Eh bien ! voici ce que j’ai b vous dire : vous ne vous battrez pas, ou je retournerai a l’atelier.

JULES

A l’atelier 1 jamais.

MARTHE, suppliante.

Non 1 non! jamais; mais b votre tour...

JULES, apercevant Marcel qui entre par la porte de droite et allant

à lui.

Ah 1 Marcel !

MARCEL

M. de Blavigny ne loge plus cour de l’Horloge, rue du Rocher; il s’est installé rue de Richelieu, b l’hôtel des Princes: j’y suis allé, on m’a dit que je le trouverais place Vou lôme, au siège d’une nouvelle société financière. J’y ai couru, il était enfermé avec le directeur. Dès qu’il a eu jeté les yeux sur votre petit mot et sur la lettre qui l’accompagnait, il a fait venir un cabriolet de régie, et il est parti en disant à son cocher ; rue d’Anjou Saint-Honoré.

JULES, à lui-même.

Chez monsieur de Grandchamp I

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