ACTE I, TABLEAU I
GBANDCHAMP.
Pas possible!
SAINVILLB.
Un oiseau! une flèche! un éclair!
GRANDCHAHP.
Un miracle !
SAINVILLE
Il sera parvenu à saisir fortement les rênes ; il se sera rendu maître du cheval.
LE GÉNÉRAL
Croyez-vous ?
SAINVILLE
J^en réponds. {On enlciid des voix confuses et des cris au dehors : Le voilà ! le voilà ! ) •
SAINVILLE
Que VOUS disais-je ?
LE GÉNÉRAL, s'élançant sur la terrasse.
Parbleu! c’est bien lui! Le voilà au pas, tranquillement, comme s’il revenait de la promenade. Bravo 1 bravo! mon cher monsieur ! bravo ! c’est admirable. Savez-vous que vous nous avez causé une épouvantable frayeur? Embrassez-le, madame de Morval : cela vaut bien un baiser, et même plusieurs. Embrassez ! embrassez !
SAINVILLE, à Grandchamp.
Mon cher, Fictorious est un rude cheval ! un jouteur comme il y en a peu.
GRANDCHAHP.
Bah ! Fortunata en a battu bien d’autres.
SAINVILLE
En attendant, je vous conseille de ne pas hasarder trop d’argent contre lui.
SCENS TJX.
Les Mêmes, JULES, le baron de MORVAL.
LE GÉNÉRAL, allant au-devant de Jules, à qui il tend la main.
Mon cher monsieur, je’ n’ai jamais apprécié Tutililé des courses; mais, en ma qualité d’ancien élève de Saumur, je me connais en cavalier, et, ma foi, j’en ai rarement vu d’aussi habile et d’aussi intrépide que vous.
LE BARON
N’est-co pas, général? Et mon cheval, et Fictorious! quelle vigueur! quelle légèreté! quelle hardiesse! Eh bien, Grandchamp,
et votre confiance de ce matin? Commencez-vous à en rabattre un peu ? Parieriez-vous toujours c’ontre moi ? Cent louis pour Fictorious !
GRANDCHAMP
Doublons, baron, voulez-vous?
LB BAIION.
Deux cents.
GRAMDCHAHP.
Doublons.
Quatre cents.
Doublons.
Plaît-il?
LE BARON
GRANDCUAHP.
LE BARON
SAiNviLLB, fl part.
Ce Grandchamp est d’une insolence !
GRANDCUAHP.
Vous réfléchissez, baron ?
J’accepte.
JULES
Vous!
TOUS
JULES
Moi, à une condition : c’est que j’aurai la faculté de courir moi-môme si je le juge à propos, et si toutefois ^monsieur de Morval le permet.
LE BARON
Si je le permets, mon cher Jules? mais j’en suis enchanté. Ah ! ah ! avec lui, je suis encore plus sûr de gagner. Eh bien, Grandciiaiup ?
GRANDCHAMP, O JuleS.
Mon entêtement ne vous blesserait pas, monsieur ?
JULES
En aucune façon.
GRANCHAMP.
Où en étions-nous, alors?
JULES
A huit cents louis.
GRANDCHAMP
Faites-vous davantage?
JULES
Vingt mille francs.