LA COMTESSE, M”« DE MORVAL
{La Comtesse va vivement à la table sur laqxielle est restée la lettre pour Marthe, Elle sonne; un domestique paraît.)
LA COMTESSE
Cette lettre h son adresse. Vous prendrez une voiture ; vous ramènerez la personne avec vous.
M“' DE MORVAL.
Que faites-vous? Pourquoi cotte hâte?
- LA CO.MTESSE.
A l’instant, courez. {Le domestique sort.)
DE MORVAL.
Amélie, quel est votre projet?
LA COMTESSE
C’est elle.
M“* DE MORVAL.
Que prétendez-vous?
LA COMTESSE, se levant.
Je VOUS disque c’esi elle... et je veux la voir.
M“® DE MORVAL.
Cette jeune fille! Et que vous importe à vous, que nous importe à toutes deux et cet amour, ei ce caprice, et la cause de ce duel? Cet homme avait pour nous dire cela une arrièrepensée, soyez cn sûre, un intérêt, peut-être... Oh! je l’ai pris en horreur, cet homme... il nous trompait. Je ne crois pas ce qu’il a d't; non, je no le crois pas.
LA COMTESSE, sans l'écouler.
Une rivale 1
M“® DE MORVAL.
Amélie I ce n’est pas vous qui parlez, vous, la comtesse de Brennes? Je n’ai rien entendu... reprenez votre force, votre, raison.
LA COMTESSE, sanglottaiü et tom,bant sur la causeuse.
Mais vous ne voyez donc pas ce que je souffre? '
LF, GÉNÉRAL, dans la coulisse.
Dites à mon valet de chambre de venir me parler.
DE MORVAL.
Le général I
LE GÉNÉRAL, entrant, el à la cantonnade.
Au sellier, d’être ici dans une heure; au carrossier, de visiter ma berline. un domestique qui est entré avec lui.) Portez ces dépêches dans mon cabinet. Je vous suis.
scEm: vn.
LE GÉNÉRAL, LA COMTKSSE, M“* DE MORVAL.
LE GÉNÉRAL, O la Comtcsse.
Ma chère amie, embrassez- moi. Je vous dirais ce matin que j’aurais peut-être le bonheur de vous causer une surprise. Eh bien! devinez-vous le motif de ma joie ?
LA COMTESSE, étourdie.
Je ne devine pas, monsieur,
LE GÉNÉRAL
C’est impossible. Il est vrai que cela met un peu votre perspicacité en défaut. ,
LA COMTESSE
C’est donc cela 1 Je vous jure que dans ce moment...
LE GÉNÉRAL
Voilé la première fois depuis quatre ans que vous n’êtes pas de moitié dans mes pensées, dans mes espérances;la première fois que je vous cache quelque chose. .<\mélie, pardonnez-moi en faveur de la grande, de l’heureuse nouvelle que je vous apporte. Maintenant vous ôtes dans le secret de mou bonheur.
jj“® DE MORVAL, vivement.
Vous êtes nommé...
LE GÉNÉRAL
A l’ambassade de Constantinople.
Ah! je suis heureuse... Cotte nouvelle me comble de joie. Ambassadeur à Constantinople! Je m’y attendais si peu, vous le savez... J’en suis tellement surprise... émue... que mon esprit.
LE GÉNÉRAL
J’ai besoin, au contraire, de toute votre présence d’esprit, ma chère amie, pour mettre ordre à nos affaires... Car nous partons demain pour l’Orient.
LA COMTESSE
Demain?