ACTE III, TABLEAU V
LE GÉNÉRAL
Ma nomination est h ce p«x, partir tout de suite ou renoncer. C’esl à pt-inc si j’ai le loisir d’éludier mes instructibns, dedésigner quelques attachés dont la nomination est laissée à mon choix. C’est bien peu de temps, je le sais; mais votre zèle, aidé du mien, triomphera de celle difliculie.
UN DOMESTIQUE, Venant à gauche du cabinet du général.
Un exprès de la part du ministre.
LA COMTESSE, à part. ‘
Demain!
M“® de' morval, bas.
Il le faut.
LA COMTESSE, büS.
Je ne partirai pas.
M“® DE MORVAL, baS.
Que dites-vous?
LA COMTESSE, à elle-même.
Partir en emportant dans le cœur cette flèche empoisonnée!... Jamais !
LE GÉNÉRAL, au Domestique.
Faites attendre dans mon cabinet. J’y vais. ( Descendant en scène.) Je ne sais, ma chère Amélie, il me semble que vous ne recevez pas celte nouvelle avec autant de joie que je m’y attendais... vous paraissez préoccupée... madame de Morval aussi.
M“' DE morval, vivement.
En effet, général... et c’est moi qui suis cause... ma tristesse a peu à peu gagné celte chère comtesse... elle est si bonne, qu’elle prend au soin de mes amis presque autant d’intérêt que moi... je lui racontais, quand vous êtes entré, le malheur arrivé... '. ,
LE GÉNÉRAL
A M. de Saint-Evremond ? Je le sais.
M“® DE MORVAL.
Vous avez appris...
LE GÉNÉRAL
Un monsieur de Blavighy qui m’attendait et que je viens de trouver en bas, m’a tout raconté. C’esl affreux.
Et vous n’entrevoyez pas, nionsiénr, un moyen de le servir?
M“® DE MORVAL, vivement.
Le général quille Paris.
LA COMTESSE
Loin d’ici, précisément, on pourrait lui être utile.
LA JEINFW. DOREE.
iF eé^Én tL.
Morvalya pens<•.^I m'a umpos* de remni^'ner avec moi; je le lui ai presque pr.>m)S. J ai dit 3 un de mes ^ens d aller prévenir .M. de Sainl-Évrtamnd. 3e l’aUends. {A sa femme.) Mon amie, je suis heureux, plus que je ne puis le dire, de ma nomination, heureux uniquement pour vous. Le monde vous plaît, vous aimez avec rais<-»n 'a y briller de tous vos avaniages. Mon nouveau ilre vous donne le droit de vous mettre au premier rang do ce mon ie au-dessus duquel il u y a plus que la royauté.
Adieu, madame rambassadrice. (Iwi serrarii /a main. )Non, adieu, Amélie. [Jl entre dans son cabinet à gauche au irotsteme plan.)
SeSKE VIII.
M“* MORVAL, LA COMTESSE.
Mon amie... je n’ai osé... je n’ai pu rien dire devant le comte, mais M. de Saint-Elvremond ne partira pas .. il n’acceptera pas la position qui lui est offerte; vous ne ie voudriez pas... vous vous v opposerez... lui-mème d’ailleurs ne consentira pas a quitter Paris, et s’il pouvait être tenté de le faire, s’il était bi^oin de l’en empêcher, j’irais... vous me retemz... mais réfléchissez donc .. songez que c’est impossible.
LA COMTESSE, à ellc^énie.
Elle ne vient pas! . , ,
LE DOMESTIQUE, entrant par une porte latérale au premur plana
gauche.
La personne que madame la comtesse attend.
LA COMTESSE
Faites entrer.
M“* DE MORVAL.
Oue va-t-elle lui dire?