SCÈNE IV
Les Mêmes, LE GENEKAL, sortant du pavillon.
LE GÉNÉRAL, à lui- même.
Elle vient de s’enfermer dans sa chambre. {A un Domestique.) ' Dites à madame la comtesse que je désire lui parler. Excusez-moi de vous avoir quittés, messieurs; j’avais deux ou trois affaires à expédier.
BLAVIGNY.
Quelque court que doive être mon séjour ici, général, je le croirais encore trop long s’il devait vous distitiire un moment des graves intérêts qui vous sont conflés.
LE GÉNÉRAL
Ah ! vous partiez bientôt, monsieur?
BLAVIGNY.
Oui, excellence,
LE GÉNÉRAL
Monsieur de Grandchamp aussi ?
GRANDCHAMP
Ce soir même, mon oncle.
BLAVIGNY.
Est-ce que monsieur de Grandchamp arrive comme moi, ou s’il y a longtemps qu’il est à Constantinople ?
GRANDCHAMP
'3’y suis depuis deux mois, et, quelque plaisir que j’aie k rester auprès de mon oncle, je sens moi-même qu’un séjour aussi prolongé peut devenir gênant.
LE GÉNÉRAL
Gênant ? pour qui donc, monsieur? Quelqu’un ici s’est-il plaint de votre présence ? vous ai-je fait sentir qu’elle me fût importune?
GRANDCHAHP.
En aucune circonstance.
LE GÉNÉRAL
Que voulez-vous dire alors ? Aux soirées , aux réunions de Péra, vous avez préféré le séjour de la campagne ; nul n’y a trouvé k redire, ce me semble, et vous n’y avez gêné personne, que je sache.
GRANDCHAHP.
Mon oncle, je suis désolé d’avoir dit...
LE GÉNÉRAL
Pardon, monsieur de Blavigny... C’est que dans ce que vous dites, monsieur, il y a toujours ce que vous ne dites pas.
BLAVIGNY, à part.
Grandchamp a miné le terrain.