JULES, MARCEL
• JULES
C’est toi, Marcel 1 Tu viens de Paris : pourquoi?
UARCEL.
Voici une lettre qui est arrivée hier au soir pour vous. J’ai pensé que vous ne seriez pas fâché de l'avoir tout de suite ; elle est de mademoiselle Marthe.
JULES
Donne. [Il lit.) n Vous m’excuserez si je vous écris ; vous ne vous effraierez pas surtout, car il no m’est pas arrivé de malheur.
LR JEUNESSE DORÉE.
Ma tanfe, madame Calelin, est toujours excellente, et si elle consentait k renoncer à ses idées sur le théâtre, ainsi qu’k l’avenir qu’elle avait rêvé pour moi, je me trouverais heureuse auprès d’elle ; mais que voulez-vous? Elle a passé vingt-cinq ans de sa vie ’a habiller des reines, et elle ne peut pas comprendre que je ne veuille pas sortir de mon obscurité. Cela lui fait dire quelquefois des choses sur lesquelles il ne faudrait pas la juger. Le motif pour lequel je prends la plume est celui-ci... » HARCEL, qui avait fait mine de se retirer, revenant sur ses pas.
Monsieur m’excusera si je l’interromps ; mais je dois le prévenir qu’un monsieur est Ik qui demande instamment k lui parler,
Je ne suis pas chez moi; je ne reçois pas ici.
MARCEL
C’est ce que je lui ai dit ; mais rien n’y fait. Il se promène de long en large dans le jardin, et veut absolument vous voir. Ah 1 j’oubliais aussi de vous dire ; ainsi que vous me l’aviez recommandé, j’ai vu votre nouvel homme d’affaires, relativement k la vente de votre hôtel de la rue de Rivoli. Ah! monsieur... je crois que celui-ci ne vous trompe pas : il prétend qu’k l’exception de ce que vous avez chez le banquier Deslandes, le reste de votre fortune est aujourd’hui tellement embrouillé, entamé...
JULES
C’est bon. Eh bien! le produit de cette vente?...
MARCEL
Tout payé... les frais... et les dettes qu’il fallait acquitter d’urgence...