‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 28 sur 96 · MERY · texte numérisé non relu

MERY

On sait quel homme d'esprit fut Méry. La lettre suivante ne fera pas tort à sa réputation. Elle fut adressée à une date inconnue à Pitre-Chevalier qui dirigeait alors le Musée des Familles,

« Mon cher ami,

« Je me lève et je trouve votre billet.

« Aujourd'hui^ à midi, à la salle Herz, assemblée des auteurs dramatiques, on met en accusation un de nos agents. Je reçois le réquisitoire imprimé. Je n'ai jamais assisté à aucune séance, je n'ai jamais vu un intérieur de chambre de pairs, de Sénat, de députés, d'académie, de club, de garde nationale ; je fais, par devoir, mon début aujourd'hui. Je vais assister à une réunion de fracs et de paletots. Il y a force majeure. Les débats seront orageux. Je n'ai jamais vu de débats orageux, et de tournois parlementaires. Le président se couvrira en signe de détresse, c'est le duc Job (i) qui préside. Je n'ai jamais vu le duc Job. On votera, je n'ai jamais vu voter, il faut que je vote; on m'en fait une obligation. Ma table est encombrée de circulaires impé-

(i) Alexandre Laya.

Il4 ^A JEUNESSE DOaÉE

ratives. Voyez si voire déjeuner ne serait pas plus amusant 1 Mon regret s'élève au désespoir.

« Pourrez-vous me lire? Les émotions paralysent ma main droite. J'ai deux mains gauches.

« Avec mes amitiés.

« MÉRY » (i).

(i) Lettre inédite tirée des papiers de Pitre-Chevalier.

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