‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 87 sur 96 · QUARANTE-SIXIÈME LE · texte numérisé non relu

QUARANTE-SIXIÈME LE

à Félix Anvers.

Fontainebleau

Mille remerciements, mon cher ami, ments précieux dont je ferai mon profi ter autrement des rugissements qu( avoué. Je m'attends à être maudit, mieux que d'être volé.

Il me semble que tout se calme uc nous et que l'-nquiétude est moins g-i et Thoré, se prenant aux cheveux touî dent notre position meilleure. Il paraît dent est résolu à aller rondement et ( point aussi mauvaise que je le suppos mal, mais qu'elle se batte bien, c'est tiel. Je me tranquillise donc un peu et des mag-nifiques ombrages de ma fo vert admirable en ce moment. Avec u nement on la manererait en salade.

sous LOUIS-PHILIP}'E

débarrasser du choléra démocratique et du social morbus.

Musset m'a écrit hier une lettre adorable. On jouer son proverbe le soir (i). Tu m'en diras ton je t'en prie. Il a été ravi de sa soirée chez Pley prétend que les feuilletonistes n'écraseront pas feuille du délicieux petit bouquet qui lui a passé le nez ce jour-là.

Ce que tu me dis de l'état du théâtre est afflig-i Je sais bien que nous sommes dans la morte saisoi d'un autre côté, je m'explique fort bien que les pré( pations du moment et l'incertitude de Tavenir détournent d'aller aux spectacles, si amusants c soient. On a bien d'autres chats à fouetter, d'à acteurs à siffler ou à applaudir, et c'est au Palais-E bon que se joue la pièce la plus intéressante. Que ne t'empêche pas de me dire sur quelle scène s( représentées les deux tiennes. Est-tu revenu de Jo et en as-tu rapporté l'arg^ent sur lequel tu compi Tu aurais bien pu, ce me semble, t'arrêter à Font; bleau en allant ou en revenant.

Je ne m'embarquerai pas pour Bury avant lemo juillet.

Adieu, mon cher ami, amitiés de nous tous et bi toi de cœur.

ALFRED T

LETTRE D'ALFRED DE MUSSET A ALFl

3l4 LA JEUNESSE DOREE

croire quand je vous dirai, mon clier Alfred, que j'avais résolu de vous aller voir. J'en atteste cependant deux témoins, purs, sinon sans tache, ma malle et M^^^ Colin (i), Fune faisant l'autre. Demandez-lui s'il n'est pas vrai qu'elles sont depuis hui^ jours dans l'attente, et que tous les matins on déballe une à une mes chemises. Pour toute réponse à votre lettre de reproches, je voulais me mettre moimême à la porte ; les dieux en ont ordonné autrement. D'abord, comme vous dites, on a joué mon proverbe (2). En second lieu, on va le jouer encore. Je souhaite seulement que le baptême lui soit aussi lég'er que sa naissance a été bien venue. J'avais chez Pleyel, ce qu'on me fait l'immense honneur d'appeler mon public. Vous savez qui je veux dire : tout ce monde charmant, qu'on dit envolé, était là tout comme l'an passé. Les petits becs roses sortaient des chapeaux et les menottes blanches des mitaines. Maintenant je vais avoir affaire, ces jours-ci, à sa majesté le suffrage universel, et ensuite à la clique des feuilletons. A vous dire vrai, je m'en moque un peu à cause de la matinée vraiment charmante pour moi que j'ai eue rue Rochechouart. Les prestolets auront beau faire, leurs plâtras n'écraseront pas une feuille du petit bouquet qui m'a passé sous le nez. J'espère d'ailleurs quelque adoucissement.

(i) Gouvernante du poète,

(3) On ne saurait pensera tout, représenté pour la première fois dans les salons de M. Pleyel, le jeudi 3 mai 1849.

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Voilà, mon cher ami, pourquoi je suis resté. Je vais maintenant conduire ma mère à Angers. Si je peux m'échapper, j'irai vous dire bonjour, mais ne soyez pas, et jamais, en colère contre votre meilleur ami (i).

(i) Extrait delà Correspondance d'Alfred de Musset, p. 256. {Mercure de Francs, 1907.)

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